À la maison


Léa, notre productrice terrain, a discrètement apporté deux bouteilles de champagne. Et j’avais le devoir d’annoncer aux quatre finalistes l’évidente prochaine destination de la Course : Montréal.

Drôle de sensation et sentiments. À la fois le bonheur de retrouver les nôtres mais aussi une impression de deuil, de la fin d’une parenthèse particulière. La conscience d’avoir vécu une aventure exceptionnelle.

80 jours. Plus de douze semaines à parcourir le monde, à habiter des chambres d’hôtels, à faire et défaire nos bagages, à compter les heures dans les avions, à découvrir l’inconnu et le magnifique, etc.

80 jours qu’on est parti, qu’on a finalement pris nos habitudes.

Voilà, ça s’arrête maintenant, il faut rentrer à la maison.

Les concurrents ont des visages émus et illuminés. Ils sont épuisés, ils ont hâte d’embrasser ceux qui les aiment. Mais en même temps, ils avouent qu’il y a presque de l’amertume que tout ceci s’arrête. Ils prennent du recul et affichent leur reconnaissance.

Et puis, il y a cette fierté non dissimulée. Tous dans cette production avons donné le meilleur de nous mêmes.

Et cela rajoute au bonheur de dire, on rentre à la maison.

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Patrick Bruel, le guide touristique

Charmeur, séducteur, chanteur fort populaire, on doit aussi à Patrick Bruel une des chansons exsudant la plus émouvante des nostalgies. Il y a lieu de partir à la découverte de la Tunisie à travers le chanson « Au café des délices », magnifique ode de Bruel à la Tunisie de son enfance, celle qui lui manquait déjà alors que le bateau qui l’emmenait était en train de s’éloigner du port de Tunis.

Je suis allé à cet autre Port El Kantaoui que Bruel chante et dont la dolence sent la Méditerranée, la douceur de vivre, le thé au jasmin, les filles au sourire espiègle en croisant des jeunes hommes dragueurs sur mobylettes, et des grands pères au regard bienveillant.

La musique de Bruel dans ma tête : « Une vie qui s’arrête / Pour un jour qui commence / C’est peut-être une chance. »

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Tous à Tunis

Ils sont bien marrants nos jeunes finalistes. Pendant des semaines de La Course, ils n’ont eu de cesse de nous assurer qu’ils rêvaient du moment où ils pourraient enfin réaliser leurs films en solo, se nicher dans leur petit coin pour faire les choses à leur manière.

Deux semaines que nous sommes entrés dans cette phase là et pourtant ils s’empressent encore instinctivement à se regrouper. Ils avaient partagé la chambre d’hôtel leur première nuit en Tanzanie. Ici en Tunisie, ils choisissent de se baser dans la même ville : Tunis. Quatre sujets, quatre angles différents certes, mais comme une envie de ne pas se perdre de vue, de se garder en repères.

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Kerkennah

Le nom sonne aux oreilles comme la promesse de l’exotisme. Ancienne ile bagne, devenue terre des pêcheurs au visage hâlé par les embruns de la mer.

Nous sommes venus ici filmer une tradition de pêche qui remonte à l’antiquité.

Quand nous prenons la mer, le soleil se lève à peine, et nous croisons des dauphins mutins qui font des pirouettes en guise de sport matinal. C’est sublime.

Dans cette immensité aqueuse, chaque pêcheur connait exactement son carré, car ils se sont départagé la mer pour ne pas empiéter sur l’espace de l’un et l’autre. Comment parviennent-ils à s’orienter avec autant de précisions, sans boussole ou GPS de la mer? C’est le mystère et le miracle de ceux qui ont développé l’art d’écouter, de humer, de scruter la nature et dont ils connaissent les moindres frémissements et repères.

Nous sommes venus ce matin pêcher le poulpe. Et ces pêcheurs de Kerkennah ont une technique infaillible. Des jours plus tôt, ils sont venus jeter dans la mer des jarres percées et de gros blocs de ciment troués. Après quelque temps, le poulpe qui n’aime rien autant que les recoins viendra s’emmitoufler dans l’un de ces creux qui lui sont proposés.

Après, avec une longue gaffe manipulée avec dextérité, le pêcheur n’aura plus qu’à remonter blocs de ciment et jarres d’argile pour en sortir la pieuvre piégée. Un travail harassant et si peu payant : les meilleurs jours, les pêcheurs rapportent 30 kilos de poulpe qu’ils vendent moins de 8 dinars (6 dollars) le kilo.

Bonne nouvelle, ce matin, la pêche a été fructueuse.

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Les brûleurs

Dans cette journée qui s’achève sur le grand port de Sfax, ils sont difficiles à distinguer des centaines des pêcheurs qui s’apprêtent à entamer une autre nuit de travail. À moins, à moins de prêter bien attention. Et de remarquer alors ces regards durs et résolus tournés vers l’horizon, les chaussures de sport aux pieds, les mains dans les poches alors qu’ils font les cent pas. Dans l’attente, dans l’attente…

On les appelle les bruleurs, ceux qui s’apprêtent à bruler leur vie, leur jeunesse, leur innocence, leurs maigres trésors à la traversée périlleuse d’une mer déchainée, en route vers un Occident qui ne veut plus d’eux du tout.

Quelques heures plus tôt, un fabricant de bateaux m’avait avoué que son chantier était constamment débordé, mais qu’il livrait désormais moins aux pêcheurs voulant agrandir leur flotte qu’aux passeurs et autres marchands de la mort organisant le départ des clandestins vers l’Europe.

Des jeunes, surtout des jeunes, des femmes aussi, des enfants en plus qui ne croient plus en leur avenir ici et qui sont prêts aux risques les plus pour atteindre la petite ile italienne de Lampedusa à 28 heures de bateau ou 18 heures si le moteur est costaud.

Ils seront 8 à 10 fois plus que la capacité maximale de chaque bateau à tenter la traversée, prêts à tout. Même s’ils savent désormais que 95 % d’entre eux seront renvoyés au pays, s’ils ont la chance d’arriver vivants de l’autre côté de la mer. Car hélas, la Méditerranée est devenue le tombeau de plusieurs d’entre eux.

Sur le port de Sfax, alors que la nuit s’installe lentement, il n’est pas aisé de dire exactement combien sont décidés à y aller. Cette nuit…

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La mère d’un printemps

Le vocable est à ce point rentré dans notre paysage médiatique qu’il est en voie de perdre tout son sens et sa légitimité. Je parle ici bien entendu de la notion de « printemps arabe ». Cet éveil des masses dans le monde arabo-musulman qui, depuis les deux dernières années, s’est traduit par l’éviction de quelques dictateurs (Tunisie, Égypte, Yémen), l’assassinat de quelques autres (Libye surtout), la contestation de plusieurs régimes par des manifestations (Bahraïn, Jordanie, Koweït, etc.) ou par des prises d’armes (l’interminable guerre syrienne en étant l’exemple extrême).

Le printemps arabe aura donc commencé ici en Tunisie. Il y avait bien entendu les germes de la contestation qui croissaient depuis quelque temps déjà. Il y avait aussi les abus des régimes décatis qui rendaient leurs structures de contrôle de plus en plus vermoulues et artificielles. Il y avait cette colère sourde dans les masses populaires qui était encore murmure mais qui n’allait pas tarder à devenir un hurlement de cœur. Il y avait ces activistes téméraires qui osaient déjà l’interrogation et qui finissaient pour la plupart les menottes aux poignets dans d’infâmes prisons de la torture et des exécutions sommaires. Il y avait aussi ces imams de certaines mosquées, de moins en moins religieux dans leurs sermons du vendredi, de plus en plus politiques et mobilisateurs.

Mais à tous, il manquait l’étincelle, le symbole de départ.

Un jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid au sud de la Tunisie leur fournira le top départ. Il s’appelait Mohammed Bouazizi. Il était un nième de ces jeunes tunisiens qui avaient investi dans les études les plus dispendieuses, mais se retrouvaient ensuite au chômage ou alors contraints à des boulots indignes.

Pour que Bouazizi déclenche malgré lui la révolution, il lui fallait en face un autre symbole : celui de l’injustice, de l’arbitraire qui caractérisait le régime vomi du président Ben Ali. Il l’aura avec cette policière qui n’avait rien appris d’autres qu’à exercer arbitrairement son autorité. Elle même était, sans le savoir, un pauvre pion d’un jeu de cyniques plus grand qu’elle.

Le destin de Bouazizi croisera une brimade de plus exercée par la policière. Personne ne saura jamais ce qui s’est passé vraiment dans sa tête, quel ressort d’acceptation a brisé en ce moment! Bouazizi s’immolera par le feu. Et décèdera quelques jours plus tard à l’hôpital. Les images de son agonie, le visage emmitouflé dans des mètres de pansements, l’image choquante du dictateur posant au pied de son lit d’hôpital avec l’intention de récupérer à sa gloriole un drame dont il est l’instigateur, ces scènes vont choquer la jeunesse tunisienne et la pousser dans la rue.

Je suis venu passer quelques heures en Tunisie lors de cette période folle et exaltante de la révolte. Cette période où la dictature avait perdu son principal atout : la peur de la terreur qu’elle inspirait. Avec le visage crispé de douleur de Bouazizi, les Tunisiens savaient désormais que même la mort ne leur ferait plus peur.

Il fallait ce désarroi et ce triste destin d’un jeune homme aux rêves brisés pour que fleurissent les cris d’espoir et de fierté de toute une génération, que dis-je, de tout un peuple. Ces belles fleurs d’un printemps qu’on souhaite durable. Ce serait le plus bel hommage à rendre à Mohammed Bouazizi.

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Dubaï est chère

163 dollars.

Nous n’en croyons pas nos oreilles quand le préposé aux visas nous apprend qu’un visa transit de 4 heures nous coutera 163 dollars.

Partis de Dar-es-Salaam, nous avions une nuit entière à passer à Dubaï avant de reprendre un vol pour Tunis. La production nous avait suggéré de prendre une chambre d’hôtel à l’aéroport même. Certains avions alors décidé de profiter de cette nuit pour aller visiter la capitale du clinquant, de la surconsommation, du luxe outrancier. Tant de choses entendues sur Dubaï la commerçante, ces Émirats qui ont fait de l’argent et du commerce la principale religion, au risque de tout dénaturer.

Notre projet de sortie est vite émoussé donc par le prix disproportionné du visa qu’on réclame. Il me semble pourtant que la dernière fois que j’étais passé par là, la note m’avait paru moins salée.

Explication m’est vite donnée : depuis que le gouvernement Harper s’est mis en froid avec les Émirats Arabes Unis qui ont été froissés que leur compagnie aérienne (Emirates) n’ait pas été autorisée à multiplier ses lignes vers le Canada, c’est la surenchère dans les mesures de rétorsion. Il y a eu entre autres l’interdiction faite aux ravitailleurs de l’armée canadienne en Afghanistan de faire escale à Dubaï. Et maintenant, les visas qui deviennent quasiment impossible.

Y aura-t-il une fronde ?

Faut pas rêver. Et pour cause, il suffit de regarder le flot continu de passagers, d’avions, d’attachés cases pressés qui se croisent dans ce qui est en passe de devenir un aéroport géant pour comprendre que les Émirats ont bien vite fait de remplacer l’amitié canadienne par d’autres relations d’intérêt. Dans une sorte de qui perd gagne, un marché de dupes qui semble être devenu la règle normale des relations internationales.

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Changement de garde

Les juges ont encore une fois frappé fort. En accordant une note record à l’un des candidats, ils l’ont propulsé au premier rang, relançant du même coup toute la Course. Désormais tout est possible, tout est à rejouer, notamment de la part de Caroline qui depuis la deuxième semaine n’avait plus abandonné sa première place. Ainsi donc, nos juges n’ont pas de chapelles, ni favoris. S’il y en a qui doutaient, la preuve a été faite chaque semaine, avec chaque fois un vainqueur d’étape différent.

Mais une sorte de torpeur, d’épuisement semble s’être emparé de nos quatre finalistes. À peine le gagnant esquissera-t-il un sourire reconnaissant.

Ça y est : les distances parcourues, les fuseaux horaires traversés, les multiples changements de climats ou de cuisines vécus sont en train de les mettre à genou l’un après l’autre.

Mais il reste encore deux semaines à courir, deux autres pays à visiter, deux autres douanes à traverser, avant le retour à la maison.

On l’avait bien dit, la Course n’en est pas une de vitesse mais bien d ‘endurance, un marathon. Qui franchira en premier la ligne d’arrivée ?

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Une leçon de vie

Ce mercredi après-midi, je suis de corvée à Dar-es-Salaam. Corvée, enfin, façon de dire les choses : je me suis engagé à aller chercher quelques bouteilles de vin et de bières pour mes collègues de l’équipe de production en cette dernière journée avant notre départ prévu demain.

La scène se passe alors à ma sortie du « liquor store ». Même dans cette Tanzanie où l’insolite n’a eu de cesse de s’inviter à mon regard, cette scène-ci n’en demeure pas moins étonnante : un jeune garçon qui n’a pas atteint la dizaine invective une dame assise à même le sol, la tête ballant comme si elle avait trop bu.

Peu à peu, un attroupement est en train de se former autour d’eux. Mon chauffeur de taxi se charge de me faire la traduction : le jeune homme supplie sa mère de ne pas mourir, de faire un effort pour se rendre à l’hôpital. Mais après des heures de marche, femme est au bout du rouleau et commence à sombrer dans une sorte de délire.

Avec l’aide de mon chauffeur, je les convaincs de monter avec moi dans le taxi pour qu’on les amène à l’hôpital le plus proche. C’est en route que le jeune garçon me confie sa détresse financière.

Le médecin à l’urgence ne tarde pas de confirmer la malaria, les pluies abondantes sur la Tanzanie ayant multiplié les zones de moustique.

La bonne nouvelle : à force de combattre cette mortelle maladie, les médecins africains ont fini par exceller dans l’art de la combattre. Celui en face de moi m’assure qu’une cure de trois jours sera suffisante pour remettre sur pied la pauvre dame. Le tout à un prix qui me paraît absolument dérisoire.

Reste seulement à trouver un lieu où héberger mère et fils à Dar-es-Salaam en attendant la fin de la thérapie.

C’est quand on s’est retrouvé dans la petite chambre d’un hôtel modeste que je leur ai loué que le garçon m’a poliment remercié avant d’ajouter avec un regard frondeur : « Mais tu sais, je n’aurais jamais permis à ma mère de mourir ».

Et j’ai eu ma leçon. Non pas une de pauvreté, ni même de dignité dans la pauvreté, ni de courage, ni d’aucun autre sentiment faussement glorifié par notre imaginaire populaire. Non, ce jeune garçon à peine plus vieux que mon fils m’a réappris la noblesse de l’admission de sa filiation, la conscience d’appartenance à une chaîne d’humanité dont chaque maille a devoir de reconnaissance et de préservation. J’avais en tête alors les images de ces vieux morts abandonnés durant un été caniculaire en France. Les récits de ces aînés qui errent dans des foyers pour personnages âgés comptant les jours qui les séparent encore de la mort, une mort qui les soulagerait presque de l’ennui et de la solitude dans laquelle ils sont désormais confinés.

Combien ont-ils des fils et des filles qui ne s’intéressent désormais guère à leur sort? Combien ont tout sacrifié pour le bien de leurs descendants qui se détournent désormais d’eux dans une ingratitude que certains veulent nous faire croire naturelle à chaque génération?

Dans une ville démunie, bruyante, étouffante de chaleur, à Dar-es-Salaam, un jeune garçon m’a donné toute une leçon de vie et m’a donné le goût de prendre les nouvelles de ma propre mère.

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Zanzibar

J’ai un ami qui a pensé un jour appeler son premier fils Zanzibar. Pour l’exotisme du mot. Pour sa sonorité musicale. Zanzibar : fermez les yeux, et vous sentirez la brise tiède de l’océan indien, le bruit des cocotiers pliant indolemment, les odeurs de vahinés et ylang-ylang, les plages sans fin d’un blanc immaculé, Zanzibar toutes fantasmes confondus, toutes paresses permises.

Dans une chaleur à la limite de l’étouffant, je me promène dans les ruelles quasi désertées de la vieille ville. Je suis fasciné par ces multiples portes finement taillées qui racontent le Zanzibar d’une autre époque. Des temps autrement plus opulents.

Mais une prospérité acquise au prix de la pire barbarie humaine : l’esclavage. Une petite placette grossièrement aménagée rappelle d’ailleurs le marché des esclaves, les privations, l’égorgement des enfants nés du viol par le maitre, les vies brisées, etc.

En touchant le sol, je me demande combien de secrets récèle encore cette terre? Combien de larmes, combien de sang, combien de destins bafoués?
Les touristes croisent les locaux de différentes races et origines (noirs, indiens, perses, pakistanais, somaliens, masaïs, etc.) dans un partage de sourires polis et embarrassés.

Avec un naturel désarmant, un enfant qui s’est approché pour regarder notre tournage me glisse sa petite paume dans la mienne. Aucune parole échangée, juste un geste, un élan de confiance qui scelle dans ma conscience ce pacte de fratrie humaine qui me pousse constamment au voyage, à la marche vers la rencontre de l’autre.

C’est une mobylette pétaradante qui viendra briser cet instant sans nom. Et la vie reprend son cour, lentement, lentement, dans un rapport de temps quasi déconstruit.

Même les gouttelettes de sueur qui se sont arrêtées sur l’ourlet de mes lèvres ne semblent point presser de se détacher.

Tout ici est alangui, un appel aucunement discret au farniente.

Et la musique lente, langoureuse, presque amoureuse dans mes oreilles : Za-nzi-bar. Un nom d’enfant?

Zanzibar. Zanzibar.

« Zanzibar mon amour » aurait un jour murmuré une mère attendrie ou une amante ardente d’un enfant devenu depuis un homme.

Pourquoi pas? Si Marguerite Duras a osé « Hiroshima mon amour », pourquoi pas en effet « Zanzibar mon chéri »?

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