Le choc

C’est le lendemain de notre arrivée en Tanzanie que le réalisateur m’a appris le désarroi qui s’était emparé de nos 4 finalistes en débarquant en Afrique. On avait anticipé le choc, mais on ne pensait pas qu’ils allaient être à ce point atomisés.

Le hasard faisant bien les choses, c’est dans un autre hôtel à côté du notre que les 4 avaient choisi de crécher le premier soir, en compagnie des 4 vidéo-journalistes qui les suivent.

Nous sommes allés donc les voir, histoire de leur remonter le moral et de les relancer.

Miracle du repos, une nuit de sommeil les avait déjà placé dans un état de loin plus combatif, plus engagé, moins abattu.

Un quart d’heure donc durant, je leur ai parlé de tout, de l’Afrique, de la différence des couleurs, de la chaleur, de la chaleur humaine aussi qui se cache derrière les premières apparences de froideur, etc. Ils m’ont raconté leurs doutes, leur épuisement physiquement, leur remise en question.
Mais c’est cela le prix à payer pour être champions. Quatre candidats éliminés durant les derniers jours auraient tout donné pour être à leur place.
Ils ont compris. Ils m’ont promis de ne pas lâcher prise. Ils m’ont juré qu’ils mèneront ce combat à terme. Que la notion de Course autour du monde prend désormais tout son sens.

On s’est embrassé. Ils ont pris leurs sacs et ont débuté leur déploiement en Tanzanie.
Oui : il y aura bel et bien une Course ici à Dar-es-Salaam.

Africa mea (Mon Afrique)

À quelques jours près, il y a 15 ans pile je publiais mon premier livre avec ce titre à la fois possessif et affectueux sur le continent noir. Pourtant, déjà à l’époque, le constat que je faisais de l’état de l’Afrique était tout à la fois amer et épouvanté. J’avais alors l’excuse d’évènements récents (le génocide du Rwanda et sa duplication au Congo, la guerre de terreur en Algérie comme au Libéria, Sierra Leone ou autres Centrafrique, l’implosion programmée de la Somalie, la famine au Zimbabwe, les ravages du SIDA en Ouganda, etc.) dont la dimension frisant la caricature m’apparaissaient comme autant de raisons de mon pessimisme assumé.

Depuis, à chacun de mes retours sur le continent africain, je suis constamment partagé entre des sentiments contradictoires : un naïf espoir de retrouver une transformation miraculeuse sur plusieurs sujets, une sourde culpabilité d’avoir été oiseau et griot de mauvais augure, une arrogante et égoïste satisfaction intellectuelle de prétendre que « vous auriez dû m’écouter il y a 15 ans déjà », etc.

Puis, il y a le premier contact, les premières chaleurs, les premiers coups de gueule, les premiers sourires, les premières envies de croire, les premières raisons de chanceler, etc.

Des journées qui passent à la fois lentes et échevelées.

Et toujours cette sensation d’appartenir à ces lieux, à ce continent, à ces peuples, à ces races, à ces désespoirs, à ces sourires, mais en même temps une confuse culpabilité de cette chance, cette baraka, qui m’a fait « échapper au pire ».

C’est cette pensée qui m’habite ce matin dans ce petit hameau reculé sur la presqu’île tanzanienne de Kingamboni en attendant la sortie dans la cour de la féticheuse que nous sommes venu voir à l’œuvre. En face de moi, il y a cette petite fillette d’à peine 4 ans qui la morve collée au nez et une légère douleur à la jambe qui l’empêche de joindre la clique turbulente et criarde de ses amies. Je la regarde et je me demande le pourcentage de chances que son destin soit des plus heureux et des plus utiles à l’humanité.

Mais cette fois-ci, je ne reste pas longtemps dans ma rêverie et mon blues. Car ce voyage-ci, je ne suis pas venu seul. J’ai avec moi quatre jeunes cinéastes et reporters dont le regard pourrait me réapprendre l’espoir, l’assurance et la confiance en ce continent africain qui m’a souvent donné des envies de douter.

Quatre films qui vont signer le premier passage de la Course Évasion en Afrique noire.

Quatre films qui viendront vous présenter leur Afrique à eux.

Peut-être même une Afrique très différente d’Africa Mea…

Le carré d’as

Ça y est donc, la Course 2012 a désormais son carré d’as. Curieusement, même portrait que l’année dernière : trois filles et un garçon. Pourtant, au départ, le rapport du genre était en défaveur du beau sexe : 6 garçons et 4 filles.

Faut-il y voir un coup de hasard (c’est vrai que jusqu’à la fin â s’est joué à très peu) ou un début de constance révélatrice d’une ténacité féminine, surtout dans la durée? Je ne serais pas loin d’embrasser cette seconde option, tant il me semble que la charge émotive contradictoire qui habite la Course est plus adaptée aux caractères plus souples que le rigide dépassé « boys don’t cry ».

Loin de moi l’idée de laisser entendre que nos 5 « boys » désormais éliminés aient été peu malléables. Ni même qu’ils aient manqué de talent. Bien au contraire, les Juges n’ont pas manqué de saluer une cuvée exceptionnelle de jeunes au talent certain. N’hésitant pas à donner rendez-vous par un sincère « je sais que nous les reverrons dans ce métier ».

Loin de moi donc l’intention d’enlever le moindre crédit à notre club des « mecs de la Course » ni celle de les confiner dans des généralités infondées. En vérité, c’est sans comparatif contradictoire que je rends hommage au « club des filles de la Course » dont le talent, la rigueur, la force de caractère, la capacité d’abandon de soi, la présence à l’autre, la résilience, l’inventivité et la sincérité sont autant d’heureuses et émouvantes démonstrations que notre époque a raison d’œuvrer chaque jour pour une égalité des genres et des droits absolue.

Pensées écologiques

C’est peut-être le clapotis régulier de l’eau claire de la rivière Dhungree que nous naviguons depuis une demi-heure qui m’a poussé à la rêverie. Ou alors, le pas lent et régulier de l’éléphant sur lequel je suis juché depuis deux heures en parcourant le boisé du parc national de Chitwan.

Le fait est que depuis quelques heures, je me surprends à penser à la nature, à l’environnement, à l’écologie, à nous au milieu de tout ça. C’est vrai que cette proximité à la nature est non seulement inscrite dans la génétique de la chaîne Évasion (suffit de voir les innombrables émissions qui prennent la nature non pas comme simple décor, mais comme but, objectif ou source de sagesse), mais c’est aussi un enthousiasme personnel du réalisateur de La Course (il faut lui en reconnaître le mérite) qui le pousse à voter oui à toute proposition de nos producteurs et fixers à aller au plus proche du monde sauvage et pur.C’est pour cela que nous avons escaladé tant de montagnes, approché tant d’animaux sauvages, côtoyé tant de pêcheurs, parcouru tant de forêts, si souvent choisi de tourner le dos à la ville pour souligner les aspects verts, campagnes des pays visités.

Ici au Népal, dans le parc de Chitwan, nous sommes à la recherche d’une rare rencontre avec les fameux rhinocéros blancs d’Asie dont on nous annonce la possible extinction. Ce parc-ci, l’un des derniers où on puisse les trouver, n’en compte plus que 503 en tout et pour tout. Un frappant rappel de la fragilité de notre planète et de notre écologie. Et ce, malgré les innombrables contradictions qui nous entourent. La majesté de la nature ici est impressionnante, sa quiète solidité admirable, son apparente immuabilité si rassurante. Pourtant, notre guide ne cesse de me répéter que d’imperceptibles signes disent l’équilibre s’effrite. Nos yeux de profane ne l’appréhendent pas forcément. D’autant plus que, pour l’essentiel, c’est l’homme qui est la principale menace à cette harmonie naturelle. L’homme pourtant lui-même animal vivant qui eut pu bénéficier de cette sérénité ?

Quand avons-nous donc perdu la conscience ? Quand est-ce que l’obsession de soi nous a-t-elle fait perdre la notion de la présence à l’autre, et de l’interconnexion de nos intérêts ? Quoi de plus révélateur de ce narcissisme dévorant que la télévision elle-même ? Celle-là même qui me mène ici avec les meilleures intentions, mais qui du même coup me fait réaliser tout ce que j’ai de plus contradictoire. La télévision, cet objet de fantasme et de notre engouement de l’éphémère qui jure tant avec le combat des rhinocéros pour leur survie. Ces rhinocéros qui ne quêtent pas de reconnaissance, qui fuient autant les caméras que l’humain en est attiré comme des lucioles par la lumière,qui ne pensent pas à monnayer leur rareté pour la gloire de ces projecteurs qui pourraient les annihiler.

Quoi de plus contraire qu’un rhinocéros et un animateur de télé ? Mais en même temps, quoi de plus conciliable, quoi de plus commun qu’un combat pour la survie et un début de conscience dans ma petite quête que cette lutte est aussi forcément la nôtre ?

Sans regret

Ils assument. Ils ont appris que la Course s’arrête ici pour eux, au Népal. Mais ils gardent la tête haute. Ils assument, non pas avec une arrogance têtue, mais par conviction d’avoir réalisé les films qui leur ressemblaient, qui leur convenaient, qui les représentaient.

Bien sûr, ils auraient souhaité poursuivre l’aventure. Bien sûr, ils ont été et demeurent sensibles aux commentaires des juges (pour les jours de compliments autant qu’au temps du fouet). Mais ils ont appris, sans doute d’eux-mêmes, qu’un artiste (oui, je pense que cette identité n’est pas usurpée) n’est pas fait pour chercher à tout prix à plaire, au risque de se dévoyer. Un artiste, un vrai, il raconte, il transmet un message, il partage une émotion en allant chercher au plus profond, au plus près du vrai de soi-même.

Au grand mérite de nos juges, ils ont toujours su récompenser la singularité et l’audace. D’ailleurs, en revoyant leurs commentaires et les coulisses des semaines vécues par nos participants, il y a une touchante coïncidence (les plus sceptiques diront que ce fut arrangé avec le gars des vues, mais je peux vous assurer que les juges ne voient les films des coulisses qu’après attribution des points de la semaine) entre le jour où un participant affirme avoir appris à ne plus être figé aux commentaires des juges et la semaine où ceux-ci, justement, lui accordent le meilleur score.

Mais pour revenir aux premiers éliminés de cette double semaine népalaise qui verra l’escouade des concurrents réduite de moitié (des 8 participants, nous repartirons d’ici avec seulement 4), il y avait dans leur regard une réelle robustesse, une force de caractère à assumer tous les choix artistiques, journalistiques et techniques qui furent les leurs. Une intelligente manière de comprendre que ni les juges, ni le public n’ont jamais voulu voir en eux de piètres plagiaires de ce qui marche, de ce qui est dans l’air du temps, de la mode du moment.

N’est-ce pas Jean Guitton qui disait « Être dans le vent, c’est avoir le destin des feuilles mortes » ? La marque des vrais est de ne pas l’oublier quand survient l’adversité.

Sublime

Donc, nous sommes partis de Katmandu pour une autre de nos missions de tournage. Un arrêt à Bhaktapur, cité du patrimoine universel de l’UNESCO. Maxime, notre directeur photo qui ne se guérit toujours pas de sa « tournute » (la maladie du tournage permanent) aiguë; et nous le comprenons tous. Chaque coin de rue, chaque bâtiment, chaque visage attrapent la lumière au point de forcer la caméra à tourner.

Le réalisateur Éric a cessé d’essayer d’arrêter la machine à mémoriser le beau. Le producteur, Jim, qui nous a rejoints, remplit aussi frénétiquement son appareil photo personnel. Mais il faut déjà partir, un coucher de soleil à saisir. Le fixer, Yannick, nous jure que ce sera beau. On regimbe un peu, on aurait tellement pu en faire encore.

Puis, c’est Nagarkot, un peu plus loin, une butte. Un début d’ « éberluement » devant des lumières irréelles de beauté. Mais il faut poursuivre vers notre Lodge. Le doute nous saisit en descendant une route dangereusement abîmée. On rit sans conviction à l’idée que demain nous ne puissions remonter. Terry, notre coordonnateur de production simule des scénarios d’une équipe de télé à jamais portée disparue. On rit avec lui. Mais bon…

Et puis, l’arrivée à ce gîte qui ne paye pas de mine. La montée sur le toit. Et le silence.

« Parle si tu as des mots plus forts que le silence », aurait dit Sénèque. Mais là, plus un mot. Que des regards échangés. La beauté hallucinante sous nos yeux. La lune qui monte lentement derrière les cimes enneigées de l’Himalaya qu’on voit à l’horizon. Et demain matin, le lever du soleil sera encore plus sublime.

Le grand bavard que je suis restera sans voix. À quoi bon ajouter des mots encore ?

Katmandu

« Je ne vais pas finir ma vie à Katmandou », chantait l’autre pour illustrer le célèbre film Les triplettes de Belleville. Que savait-il vraiment de Katmandou ? Car s’il y a une ville, un pays qui soit en train de tous nous transformer depuis le début de La Course, c’est sans doute ici.

Quand le directeur photo a annoncé au monteur qu’il lui rapporterait le triple d’images qu’il lui fournissait habituellement, il s’est fait répondre : « Oui, je te comprends, je suis aussi fasciné que toi par ce que je vois et je vis. » La lumière ici sur le toit du monde est exceptionnelle, les expériences de vie extrêmes.

Ici, l’incinération pour clore une vie : quelques rares larmes, des couleurs à profusion, une profession de foi que la mort est une continuation de la vie et la conclusion quand un « pop » sourd signifie l’éclatement du crâne, donc l’envol de l’âme du défunt. Là, des enfants qui s’élancent vers le ciel sur des balançoires artisanales. Ou là encore, des nonnes dans un monastère perché en haut de la montagne qui parviennent à vous apaiser de leur regard, de leur sourire et à imposer dans votre tête l’impression de sérénité absolue. Etc.

Le Népal, j’y suis venu, il y a quelques années du temps de la guerre entre des rebelles maoïstes et un pouvoir monarchique détaché de la population. Tout m’avait paru erroné, inapproprié au potentiel de ce pays. Y revenir aujourd’hui que les armes ont été déposées est une conclusion que je vis naturellement. Une impression que les choses sont rentrées dans « l’ordre ».

Bien sûr, il demeure des souffrances, des pauvretés indignes, des larmes révoltantes, mais le Népal réapprend à sourire. Pas étonnant donc que nos huit concurrents et les quatre vidéojournalistes qui les suivent pas à pas soient tombés tous sous le charme. Ils avaient beau avoir été avertis par les écrits de voyageurs qui les ont précédés, ils ne savaient à quel point le vivre en vrai allait être encore plus magique.

Ils savent maintenant.

Reconnaître les talents

Avant d’animer la Course, je m’étais intéressé aux juges des différentes séries de télé qui s’inscrivent dans une logique de compétition et les ai observés. Il y a toujours trois caractères : l’esthète qui remarque tout, le cœur d’artichaut qui s’extasie sur tout et enfin le méchant qui crache sur tout. Format efficace, qui bâtit une courbe dramatique percutante et accroche le téléspectateur.

Volontairement, La Course s’est refusée de prendre ce chemin. Tant pis si certains caractères paraissent similaires. Nous avons réuni un trio d’analystes méticuleux, de critiques pédagogues, d’observateurs passionnés et de connaisseurs qui s’autorisent l’émerveillement.

À Séoul, ils nous l’ont démontré. Ne rechignant pas à avouer leur admiration pour certaines productions de nos huit concurrents encore en lice. L’un des juges avouant qu’il a un temps flirté avec une note quasi parfaite.

Le résultat ? Des jeunes qui croient encore plus en la création et en eux. Des jeunes convaincus qu’il y a encore une place pour eux dans ce milieu de l’image que certains prétendent déjà par trop saturé.

Car c’est vrai, reconnaître un talent, c’est la première étape pour lui permettre d’éclore.

DMZ

C’est quoi au fait la vraie définition de la paix ? Les Américains ont officiellement signifié la fin des opérations armées en Irak, mais quotidiennement les nouvelles en provenance de ce pays racontent l’horreur des attentats et autres actes violents.

De l’autre côté, les deux Corée (Nord et Sud), frères de sang (mais trop de sang a coulé sur ce sol brisant l’harmonie familiale) n’ont pas signé de traité de paix et depuis plus d’un demi-siècle se sont installées dans une forme de paix armée.

Visiter la DMZ (Demilitarized Zone, zone démilitarisée) permet de saisir la fragilité de ce semblant de paix. C’est une longue bande de séparation, large de quatre kilomètres qui sépare les deux pays avec promesse de ne pas la violer, ce qui signifierait la relance des hostilités. Des soldats d’un côté comme de l’autre sur les nerfs, soucieux (jusqu’à la paranoïa) de ne pas poser un geste (le plus inoffensif qu’il fût) susceptible de passer aux yeux de l’autre pour un acte de provocation, un casus belli.

Cela rend d’autant plus absurde la « touristification » de cet espace. Il y a plusieurs écoles de visiteurs qui acceptent de se délester de 70 dollars pour aller sur cette ligne de démarcation : il y a les amateurs fous des films de guerre qui s’imaginent être arrivés à l’orée d’une reprise d’Apocalypse Now; il y a les romantiques de la paix qui veulent croire que ce trait de peinture jaune sur le sol est une fabuleuse démonstration du génie humain quand il souhaite cesser les hostilités; il y a les collectionneurs de souvenirs qui veulent juste immortaliser l’instant et prêtent peu attention aux propos enflammés des guides plus propagandistes que véritables conseillers en voyage; etc.

Et autour de ces « explorateurs » encadrés, des Coréens qui hésitent entre sourire de cette manne naïve ou grimacer d’être les acteurs involontaires d’un théâtre absurde et interminable.

Lors de notre passage, les nerfs des gardiens de la ligne de séparation sont encore à vifs. Il y a quelques jours, des activistes ont annoncé avoir l’intention de lancer des ballons contenant des messages pro-démocratie en direction du Nord. Pyongyang a alors menacé de répliquer avec des lancers de missiles; différent genre de ballons j’en conviens. Preuve de son sérieux, les rampes de lancement sont en place, les valves ouvertes.

De peu, le pire a été évité.

Pour combien de temps ?

Pour laisser quelle définition de la paix ?

La famille est sacrée

L’idée est venue de Léa, notre coordonnatrice de production à Séoul : elle nous a envoyé la liste complète des anniversaires de tous les membres de la production et les participants à la Course.

Rien que cette semaine, nous en avons quatre à célébrer : deux participants et deux vidéojournalistes. Alors, nous planifions notre soirée de sortie collective. Car d’une certaine manière, à défaut de leurs familles qui sont restées au pays, nous serons leur famille de rechange, des frères ou sœurs d’armes embarqués dans une de ces aventures dont on ne revient pas indemne (dans le bon sens de l’expression).

Et moi, j’aurais une chance d’avance : ma vraie petite famille s’est offert une escapade pour me rejoindre ici à Séoul.

Donc, dans cette famille tout hétéroclite, le plus jeune frère sera mon fils.