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Le froid de ma maison
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Vendredi 25 novembre 2011
Faire le tour du monde en moins de deux semaines et demie laisse une trace, affecte le regard que je pose sur ma réalité, celle que j’apprivoise ici tranquillement.
D’abord cette zone de transition : le dernier voyage en avion à bord d’Air Canada. On annonce les consignes de sécurité par une petite animation vidéo dont le son est projeté dans les haut-parleurs de l’avion. On enchaîne ensuite avec une vidéo publicitaire. Impossible de fermer l’écran et de passer à autre chose ; la diffusion est automatique et la trame sonore remplit le maigre espace que nous avons. Avant chaque visionnement de film, on a également droit à un bon trois minutes de publicité. Il va sans dire qu’on nous offre une grande sélection de films sur Air Canada… Mais la bouffe, par contre, n’est pas gratuite (peut-être est-ce trop difficile de commanditer des sandwichs ?). Parmi la dizaine d’avions que nous avons pris tout au long de la Course, il s’agit d’un cas unique ici de mise à profit de l’espace — et de la nourriture — pour la vente. Je dois dire que ça me fait un peu mal au coeur.
Ensuite, il y a les rues de Montréal. Marcher et se faire interpeller par des affiches qui créent avec nous un dialogue muet. Derrière, il y a de la pub et des trucs à vendre, bien entendu. Même chose à la télé. Il semblerait que pour rendre son chum heureux à Noël, il faille acheter un ensemble de cinéma maison à 1 500 $… L’aire est au robinet qu’on doit changer toutes les années, car vous savez, la technologie évolue, on peut dorénavant éviter cette manoeuvre difficile qu’est tourner une champlure…
En marchant dans les rues de Montréal, j’ai aussi eu l’impression d’y voir une majorité de gens riches, élégants dans leurs nouveaux vêtements reflétant les dernières tendances mode de la saison. En rentrant chez moi, je me suis surprise à regarder mon appartement d’un drôle d’oeil, comme si je réalisais que j’habitais dans un palace, que je constatais l’absurdité de pouvoir me payer ce genre d’endroit pour une étudiante travaillant à temps partiel.
Certains parleront de chance que nous avons. Ça serait vous mentir que de m’opposer complètement à cette idée-là. On dira ce qu’on voudra, il y a un confort qu’on se bâtit avec le temps, un confort qui nous définit un peu et nous fait du bien. J’aime mon appart, mes guenilles et mes folles dépenses au marché Jean-Talon. Bien que je sois sensible à la question, je ne crois pas être sincèrement prête à changer drastiquement de mode de vie à long terme. Je m’interroge seulement sur ce qui nous lie encore en tant que communauté, ce qui aujourd’hui transcende les murs de nos petites maisons closes dans un espace public dominé par le langage de la vente et de la consommation.
C’est qu’à travers ces deux mois et demi, j’aurai eu l’occasion d’entendre d’autres voix, de me confronter à d’autres communautés, d’autres traditions. Si on prend le temps d’écouter un peu, on réalise que les gens, éduqués ou pas, ont leur intelligence propre, une pensée claire et nuancée par rapport au monde qui les entoure. Je dois le dire, j’en ai été surprise, très surprise. Bien sûr, j’ai choisi d’entendre certaines personnes plutôt que d’autres, mais malgré tout, la profondeur et la lucidité des gens que j’ai rencontrés m’étonnent toujours.
J’imagine que c’est ce qui m’a fait réagir en arrivant ici. À voir comment les messages publicitaires nous prennent pour une gang de débiles, ça m’attriste. Ça m’attriste parce que cette voix prend énormément de place et laisse peu d’espace à la parole, aux individus, à une communauté qui pourrait s’allier selon d’autres dogmes que le pouvoir d’achat qui les unit ; une communauté qui, contrairement au monde de la vente et de la consommation, ferait preuve d’empathie.
Assise devant ma télé afin de me reposer un peu, entre une annonce de shampoing aphrodisiaque et une autre d’automobile révolutionnaire, je pense à l’occasion qui me fera sortir de ma tanière et combattre le grand froid d’hiver. Je cherche de nouveaux prétextes pour créer des rencontres, liens ténus de ma communauté, pour rétablir ce que je me suis bâti, à travers mon beau périple, de foi en l’être humain.
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La nuit
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Mardi 22 novembre 2011
J’ai décidé cette semaine de sortir à l’heure où les amateurs de nature ou de forfaits tout inclus se reposaient. J’ai troqué le jour contre la nuit en séjournant dans un hôtel fréquenté par des prostituées et des Américains de plus de 50 ans en mal d’amour exotique. Ce que j’ai vu du Costa Rica ne se résume finalement qu’à ma fréquentation d’un bordel.
On m’a prise pour une cliente, on m’a prise pour une des leurs. J’ai intégré abruptement l’hôtel-casino-bar Del Rey comme une star dont on souffle le nom sans oser croiser son regard. « Who are you? » J’avais beau me caler dans une chaise du bar et enfiler les bières, la petite blonde habillée comme un garçon a eu du mal à passer inaperçue.
Je recherchais plus qu’une heure, je cherchais aussi à sortir d’ici. J’aurais voulu passer quelques jours avec une prostituée du Del Rey, puis, au dehors du Del Rey, créer un dialogue entre deux filles du même âge qui essaieraient d’aller plus loin que leurs costumes.
J’ai été naïve, tellement naïve. Une discussion pleine de bonne volonté n’est pas suffisante ici pour qu’une fille accepte de faire le pont entre son jour et sa nuit.
Après avoir passé le dimanche à attendre deux appels qui ne sont jamais venus, je me suis tout à coup demandé qu’est-ce que j’étais venue faire ici.
Je crois au fond que j’avais peur. Pas peur d’être là, pas peur du monde aride de la prostitution. J’avais surtout peur de l’oubli, de finir ma Course tranquillement en effaçant mes souvenirs du monde avec le temps qui passe. J’avais peur de perdre de vue cette altérité, celle qui ébranle les murs solides et étanches de notre maison.
Notre jour, leur nuit.
Je suis allée au Del Rey afin de m’écorcher juste assez pour y laisser une petite cicatrice indélébile, ma douce mémoire du bout du monde.
Mi corazon con los Restrepo
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Mardi 15 novembre 2011
Cette semaine, des gens m’ont raconté l’histoire des frères Restrepo. Une histoire qui les dépasse tous. On m’en a parlé beaucoup. Pour un petit film de trois minutes, j’ai recueilli deux heures et demie d’entrevue. Je pense qu’à un certain point, je me suis sentie dépassée, moi aussi, parce qu’au-delà de mon topo, il y a la réalité, cette quête que mène la famille depuis plus de 20 ans.
La soeur des frères Restrepo a fait un documentaire là-dessus qui est présentement projeté dans des salles de cinéma partout au pays. Les salles sont pleines à craquer, paraîtrait-il. Pour un documentaire, c’est assez exceptionnel. Elle y a travaillé d’arrache-pied pendant quatre ans, à éplucher le dossier de fond en comble. Une démarche en solitaire assez difficile.
J’admire ce que Maria Fernanda Restrepo a fait. J’espère qu’au Québec, nous aurons un jour la chance de pouvoir visionner son travail. Je vous en laisse un petit extrait, pour que vous puissiez voir un peu.
I love Gibraltar
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Mardi 8 novembre 2011
Chers amis,
Gibraltar, c’est bien petit. J’ai tout de même vu plein de belles choses ici : des lieux historiques, des singes en haut de la montagne, des rues bourrées de touristes… Beaucoup de Guiness et de Fish & Chips. Bien honnêtement, je m’y suis assez ennuyée. Du moins, la première journée. C’était avant de rencontrer Monica et que nous nous mettions à faire un petit film ensemble, à la sueur de notre front, à courir aux quatre coins de cette ville « pays » afin d’y mettre un peu de fantaisie…
J’ai hâte de vous revoir.
Amicalement,
Geneviève
Du pain et une élimination
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Vendredi 4 novembre 2011
Il y a des fois où on se dit qu’au-delà de la Course, il y a des expériences humaines qui valent amplement le détour et qui confirment notre chance d’être là.
Passer la journée et la nuit dans une famille berbère habitant à flanc de montagne, dans un espace reculé, est une expérience que je n’oublierai pas de sitôt. Bizarre comme le fait de ne pas partager la même langue ait si peu d’importance, tout d’un coup.
Ces gens-là ont été extrêmement généreux envers nous. Ils nous ont invités dans leur maison. Ils ont partagé leur nourriture. Ils nous ont laissés les observer, regarder pendant des heures leurs moindres faits et gestes avec fascination (d’ailleurs, notre entêtement à filmer leurs mains qui travaillent la pâte et le couscous les ont fait bien rire).
Benoît a pris une image de moi assise sur le bord de la montagne. La grand-mère berbère était venue m’y rejoindre et s’était assise sans gêne juste à côté de moi. La petite fille aussi s’était installée près de nous. Je regarde cette image et j’ai une drôle d’impression. D’abord, le contact physique qui se crée si facilement, puis ma présence qui cloche, crée l’anachronisme, comme si j’assistais à la rencontre de deux époques, assises côte à côte, liées dans cette acceptation de l’autre.
***
Trois minutes. Ce seront trois minutes de retard qui auront joué de notre sort à Eliot et moi. Si ça n’avait pas été de ce retard, Eliot serait passé en final, moi pas. Je sais que c’est le jeu, mais, à mes yeux, ça reste complètement absurde. À trois minutes près de rester trois semaines de plus, faire trois films de plus, l’élimination me semble toujours aussi caduque et insensée. En fait, son côté aléatoire m’attriste.
Le temps
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Mardi 25 octobre 2011
Je suis une personne lente. Pas qu’il me manque des cellules au cerveau ou que j’aie un retard quelconque (vous vous en seriez rendu compte, j’imagine). C’est plutôt que j’ai appris, avec les années, à faire confiance au temps, en me disant que le meilleur de moi-même serait mis à profit de cette façon.
Mon dernier court-métrage de neuf minutes m’a demandé dix mois de travail. En trois jours, je réalise une vidéo de quatre minutes. Ce qui habituellement m’aurait pris un mois de travail, je le fais ici en une journée.
Je ne dis pas ça pour me plaindre, ni pour justifier la qualité de mes vidéos de course, loin de là. Faire des films en quatre jours m’aura appris à faire confiance à mes intuitions, à me retourner sur un dix cents et à me prouver qu’un minimum d’équipement et de volonté est suffisant pour réaliser un court-métrage qui se tienne. Mais disons que cette semaine, en remettant notre vidéo, Benoît et moi, nous avons eu l’impression de donner à la production l’embryon d’un film qui aurait mérité d’avantage d’attention et d’acharnement que les quatre jours que nous y avons consacrés.
J’ai une dette envers Fellini et son pays d’origine. Un jour, je retournerai à Rimini. J’y passerai quelques mois sur le bord de la mer. J’y ferai un film sur le grand maestro, en prenant mon temps, cette fois; le temps nécessaire pour bien le faire.
L’éléphant (prise 2)
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Mercredi 19 octobre 2011
Petit récit cocasse d’un périple bollywoodien au Sri Lanka.
Jour 1
Arrivée dans la ville de Galle, ancienne forteresse hollandaise aux accents portuguais, décor de rêve pour un petit film comme le nôtre.
Rencontre avec nos hôtes à l’auberge. Discussion autour de notre projet. Leur suggestion : une fiction. La ville et les gens s’y prêteraient bien, selon eux.
Jour 2
En l’honneur des films bollywoodiens que nous nous sommes tapés durant le trajet qui nous a menés à Galle, nous décidons de nous la jouer romance cette semaine. L’idée : mettre en scène une histoire d’amour banale entre deux adolescents, quelque chose de bien drabe, sans artifices… Puis tout d’un coup, créer une brisure de ton, faire une finale bollywoodienne too much, absurde et décalée.
Nous racontons notre petite histoire à la fille de la propriétaire de l’auberge où nous logeons. « Nous avons besoin d’un couple de jeunes acteurs et des danseurs pour les accompagner ». Elle me répond sans étonnement qu’il n’y a aucun problème et se met à faire des appels. Entre deux coups de téléphone, je lui demande, en blague, s’il y aurait moyen d’avoir des feux d’artifices. « Pas de problème. » Nous poussons notre chance encore un peu, parce que ça nous fait rire de demander : « et un éléphant? » Elle ne fronce même pas les sourcils : « Laissez-moi demander ».
Verdict des coups de téléphone : une quinzaine de danseurs, des feux d’artifices et un éléphant, que l’on fera venir de l’extérieur de la ville… euh, ok.
Nous nous rendons chez l’homme aux feux d’artifices (un professeur du primaire à temps partiel). Lorsque nous négocions le prix de nos feux Lotto Sri Lanka, je lui mentionne que nous ne pouvons pas lui offrir plus qu’une telle somme « parce que nous louons un éléphant » (?!?)
Jour 3
Une mauvaise nouvelle au déjeuner. La jeune fille de l’auberge vient nous voir et, avec le plus grand sérieux du monde, nous annonce que l’éléphant ne peut pas venir. « Il est paralysé. » Ah bon. Je lui réponds : « Est-ce qu’on pourrait avoir d’autres animaux? » Elle nous parle d’un poney. Nous lui en demandons un deuxième. « Pas de problème. »
Nous avons déjà entamé notre tournage avec notre faux couple de jeunes sri lankais. Nous passons la matinée et l’après-midi à l’intérieur de la forteresse, le vieux centre où nous logeons, à mettre en scène leur romance ennuyante. À 16 h devant le phare, rencontre avec les poneys, les danseurs et l’homme aux feux d’artifices.
Il est 15 h. Nous sommes en plein rush de tournage. Au moment ou nous nous apprêtons à filmer une scène importante, un couple de policiers nous tombe dessus. « Vous n’avez pas le droit de tourner ici. » Nous leur brandissons un papier de l’Office du tourisme qui nous autorise à tourner sur le territoire du Sri Lanka (notre arme secrète). « Pas le bon papier, vous êtes dans une zone historique protégée ». Surprise (inefficace arme secrète)! Nous nous étions pourtant renseignés sur place le matin même. Comme nous ne sommes pas une grosse production commerciale, il n’y aurait pas de problème, c’est ce qu’on nous avait dit, en tout cas, au bureau des permis. Nous essayons de l’expliquer aux policiers. « Ici, nous ne sommes pas au Canada ». Ouch. Nous retournons donc au bureau des permis. Pas le même monsieur rencontré le matin : pas le droit de tourner à l’intérieur de la forteresse. Nous apprenons la nouvelle alors que les deux poneys nous attendent paisiblement au point de rendez-vous.
Nous sortons de la forteresse après une discussion pénible entre 15 Sri Lankais qui essayent de trouver un endroit idéal pour notre plan B. Nous aboutissons finalement sur une plage à deux ou trois kilomètres de là (imaginez les poneys…) Nos danseurs se sont perdus en chemin, nous les troquons donc contre des enfants qui jouaient sur la plage, regardaient sans arrêt la caméra et n’avaient que faire des indications des deux hurluberlus qui viennent tout juste de débarquer.
La suite?….
Nous attendons que le soleil se couche en essayant tant bien que mal de contrôler la colonie de vacance qui ne parle pas notre langue. Nous découvrons entre temps que le chauffeur de poney est un excellent danseur (il a même légué son animal à un étranger pour qu’il puisse se dévouer à notre cause). À L’heure fatidique où tout est mis en place, où nos 20 enfants-danseurs, nos poneys, le coucher de soleil et les feux d’artifices n’attendaient que notre go pour s’exécuter, survient un petit problème… Les feux d’artifices partent trop vite, durent 20 secondes plutôt que 20 minutes et les poney s’élancent dans tous les sens en faisant peur aux enfants. Bref, la magie opère.
Au pire, ça fait une maudite bonne anecdote de tournage, qu’on s’est dit.
L’éléphant
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Mercredi 12 octobre 2011
Jour de l’élimination. Le motton dans gorge et un léger sentiment d’injustice. C’est le matin au Cambodge. Installés devant un temple millénaire, le couperet est tombé; Arianne et Axel partent.
Personne ne meurt, mais le moment est pénible, très pénible.
À un moment donné, quelqu’un -je ne sais plus qui- s’exclame : regardez là-bas, un éléphant. Deux automobiles empilées l’une sur l’autre avec de grandes oreilles et des yeux qui vous regardent au milieu d’un tapis de peau rugueuse. Étonnant comment une masse aussi grosse puisse se mouvoir en faisant si peu de bruit. L’éléphant avance en silence, avec grâce et lenteur. Une marche immuable aux petits drames qui nous déchirent.
La grand ville
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Lundi 3 octobre 2011
Très étrange de bondir d’un pays à l’autre dans des délais aussi courts. Passer d’une petite île perdue dans le Pacifique à l’aire métropolitaine la plus populeuse au monde, ça crée un choc.
À Raiatea, j’étais la touriste désabusée en manque d’exotisme, ou l’étrangère qu’on se pressait d’inviter chez soi pour partager un souper. Je ne suis ici qu’une petite tache blanche dans une foule compacte. Ça crie de partout pour qu’on rentre dans les magasins. On nous tend des échantillons de produits à tous les deux pas. Tout est propre, lisse et d’une lumière qui fait mal aux yeux.
Nous avons jeté notre bouteille à la mer en espérant y atteindre quelqu’un. Une trentaine de courriels pour trouver un acteur, une réponse favorable, celle de Kaori. Kaori, Takashhi, Shiho et Toshihiko nous ont guidés à travers Tokyo en nous faisant découvrir leur cuisine et leur alcool. « You get to know people by sharing food and drinks. » Nos soupers auront créé une brèche ouverte sur l’anonymat de la grand ville.
Je pense à Lost in Translation de Sofia Coppola. Je crois bien m’être perdue, moi aussi, sur la surface des choses.
L’indicible
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Dimanche 25 septembre 2011
Nous avons gardé de la Polynésie un visage anonyme, une voix qui nous est confiée. Passer des heures assis à écouter Fred. Un regard droit qui s’accroche au vôtre dans le silence, une voix douce et monotone. Le fils du pasteur à l’art de la parole. Entre chaque phrase, le son de la nature qui l’accompagne; son grand amour impossible.
Les occidentaux sont ici de passage. Ils repartent de la Polynésie comme ils y arrivent : vite. Et pourtant… ce rythme-là prend du temps à être apprivoisé, vécu, compris.
Il y aurait beaucoup à dire. Il n’y a rien à dire non plus.
Ça tient peut-être de l’indicible.


































































