Archive pour la catégorie ‘Grand Tour 2011’
Le grand retour!
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Mercredi 13 juillet 2011
Nous sommes très excités à l’idée d’entreprendre cette avant-dernière journée du Grand Tour 2011. Après 45 jours d’expédition, l’idée de revoir nos proches et la pensée grisante d’avoir quasi complété cette folle aventure, nous offre la décharge d’adrénaline nécessaire à débuter la journée sous une pluie battante. La rivière Hudson est superbe dans sa partie aval.
Les abords sont peu peuplés, mais les propriétés de riches familles new-yorkaises s’entrevoient parfois entre les vallées et montagnes.
De beaux phares contemporains s’offrent à nous de temps à autres, nous rappelant que la navigation commerciale fût beaucoup plus importante à une autre époque.
La pluie diminue quelque peu, le temps pour nous d’admirer la très impressionnante West Point, siège connu pour son académie navale.
Par la suite, la pluie reprend de plus belle. Dans des vêtements mouillés, sous cette pluie intense, nous sommes transis lors de notre arrêt du lunch. Encore une fois, la perspective d’une fin imminente nous donne la motivation nécessaire pour repartir.
Albany nous impressionne par sa taille. Nous avions vraiment l’impression que cette ville serait plus discrète. Nous pouvions témoigner des vestiges de l’activité portuaire qui devait être au cœur de l’économie de la capitale new-yorkaise à une autre époque.
Mais cela n’empêche pas la nature d’être toujours aux aguets, comme en témoigne ce jeune chevreuil aux abords de la ville.
Nous pénétrons dans le canal Champlain par l’écluse fédérale un peu en amont d’Albany.
Juste le temps de transiter quelques écluses et nous passerons ce qui devait être notre dernière nuit à l’extérieur de Montréal à Schuylerville, petite communauté très accueillante en banlieue de Saratoga Springs.
Le lendemain, plus rien ne peut nous arrêter! Le Canada est à portée de main et nous espérons pouvoir passer la nuit dans nos draps à Montréal tout en laissant nos engins à St-Jean-sur-Richelieu pour pouvoir terminer le 5 juillet, soit le surlendemain.
Mais attention, comme chaque fois où nous nous étions laissés aller à des prédictions sur notre arrivée, quelque chose devait casser! Et oui, après seulement quelques minutes de navigation dans le canal Champlain, Invictus subit une avarie nécessitant une visite chez le concessionnaire.
Puisque notre budget de contingence était épuisé, nous nous étions dit que si l’une des machines cassait en amont de New York, cela signifierait la fin de l’expédition.
C’est donc avec le cœur brisé que nous avons remorqué Invictus jusqu’à Whitehall afin de la sortir de l’eau pour la dernière fois et que nous l’avons ramenée à Montréal avec l’aide de Marie-Claude, la douce moitié d’Éric.
Nous avions vraiment le moral dans les talons. Nous étions si près du but! Dans la voiture qui nous ramenait vers Montréal, car nous avions laissé Atmosphère à Whitehall et avions prévu venir la récupérer le lendemain, Éric eu la brillante idée de terminer l’expédition sur Atmosphère avec moi! « Il faut c’qui faut! » On a pas tout fait cela et les gens qui nous ont supportés et aidés n’ont pas fait tout cela pour que le Grand Tour 2011 s’arrête à une journée de la fin!
C’est donc motivés à bloc que nous avons repris le chemin de Whitehall en voiture, le lendemain matin à cinq heures afin de terminer le Grand Tour 2011, ensemble sur Atmosphère! Wow! Quel feeling! En plus la journée s’annonçait des plus belle.
Le lac Champlain est un peu agité, mais après ce que nous avons vécus, rien d’intolérable. Un nouveau pont est en construction tout près du mémorial à Champlain.
Nous progressons rapidement et nous constatons que les inondations du printemps ont laissé plusieurs traces. Certaines marinas sont toujours fermées. À la tête du lac, nous voyons la douane canadienne sous le pont. En traversant la frontière indiquée sur notre carte électronique, nous nous arrêtons et nous félicitons l’un l’autre.
En milieu de journée, c’est Saint-Jean-sur-Richelieu et l’écluse numéro 1 du canal de Chambly qui nous accueillent.
Sans les bagages et à deux sur la même motomarine, peu de gens peuvent se douter du nombre d’heures que nous avons passés sur l’eau durant les deux derniers mois. Les gens que nous croisons croient que nous faisons un petit tour de motomarine en ce beau mardi après-midi. Derrière nous déjà, la dernière écluse de notre expédition. Nous en avons vu plus de cent depuis le 19 mai dernier.
Atmosphère arrive à la rampe de Saint-Basile, sur le Richelieu, lieu prévu de la fin de l’expédition. 9 806 kilomètres plus tard et très fier de nous, Eric et moi-même tenons à remercier tous ceux qui nous ont supportés en lisant ces lignes et plus particulièrement l’équipe du Groupe Serdy et d’Évasion.
Vivez vos rêves!
De Norfolk à New York
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Jeudi 7 juillet 2011
Les prédictions météo sont peu favorables pour la remontée de la baie de Chesapeake. Vent du nord à 15 nœuds diminuant à 5 à 10 nœuds en après-midi. Nous prenons la décision de quitter Norfolk sachant qu’il y a plusieurs ports de refuge le long de la côte ouest de la baie. La sortie du port est agitée, mais tolérable. Nous avons la chance d’admirer les nombreux porte-avions ainsi que plusieurs autres types de navires militaires.
Lorsque nous franchissons la dernière pointe donnant accès à la baie, la houle et les vagues augmentent rapidement. Nous avons peine à avancer. Nous nous rapprochons de la côte et décidons d’entrer dans le prochain port de refuge quelques kilomètres plus au nord. Nous y passons près de trois heures en attendant que le vent diminue. Vers midi, nous reprenons là ou nous avions laissés. Les conditions sont changeantes, mais nous parvenons à remonter la baie en longeant la côte ouest dans quelques centimètres d’eau. Nous passons la nuit à Kent Island Narrows, tout juste en amont du Chesapeake Bay bridge.
Le lendemain, nous atteignons le Chesapeake-Delaware Canal en milieu de matinée. Nous sommes soulagés de naviguer quelques kilomètres dans une eau calme et protégée.
Le Chesapeake maintenant derrière nous, il nous reste la Baie du Delaware qui peut également causer des surprises. Notre bonne étoile toujours présente, la descente du Delaware en direction de Cape May est somme toute calme. C’est fascinant de constater que ces deux baies contigües sont si différentes. La première est entourée de propriétés cossues et d’une quantité impressionnante de marinas tandis que la seconde est délaissée surtout en amont.
Le sud du Delaware laisse lentement les plages et communautés balnéaires apparaître.
Nous pénétrons dans le canal de Cape May en début d’après-midi et nous faisons arrêter pour la neuvième fois du voyage. Nous l’ignorions, mais ce canal est interdit aux motomarines. Le policier est courtois et, étant donné la nature de l’expédition, nous laisse filer, et ce, en nous donnant quelques conseils pour la suite.
Nous sommes heureux de retrouver l’Intracoastal Waterways à Cape May, mais la grande quantité de plaisanciers et les nombreuses zones de vitesse réduites, rendent ce bonheur mi-figue, mi-raisin. Après avoir fait le plein, nous décidons de sortir en mer question de voir comment nos petites embarcations peuvent s’en sortir dans l’Atlantique.
Nous adorons l’expérience et sommes agréablement surpris par la navigabilité des motomarines en pleine mer. Les vagues sont plus longues et viennent à un angle favorable.
Nous passons au large de Wildwood et sommes rattrapés par quatre motomarines. Leurs pilotes sont curieux de connaître notre histoire. Une des jeunes passagères a remarqué les drapeaux canadiens sur l’étrave. Ils nous invitent à les suivre jusqu’à leurs domiciles à Ocean City et à partager notre expérience avec eux.
Finalement, ne pouvant trouver d’hôtel en cette fin de semaine fériée, Barb et Rob, nous accueillent gentiment dans leur magnifique résidence d’été. Encore un exemple de la générosité incroyable des gens que nous avons rencontrés lors de cette expédition. Thank you Barb and Rob! We will not forget you and your lovely friends.
Samedi matin, sous les conseils de nos nouveaux amis, nous sortons au large à Ocean City pour rejoindre Atlantic City.
Une fois de plus, nous adorons notre sortie en mer. Ensuite, nous naviguons dans l’ICW puisqu’il n’y a pas de limite de vitesse dans ce secteur. Cette navigation est sinueuse, mais très agréable. Lors d’un ravitaillement, un bon samaritain nous dit que la navigation est interdite aux motomarines dans un petit canal en amont et que nous aurions avantage à sortir en mer de nouveau. Nous suivons ses conseils et lui en sommes grandement reconnaissants puisque nous y avons vécu une de nos randonnées les plus agréables. Des dauphins sont venus nous saluer une dernière fois avant que nous quittions l’eau salée pour nous engouffrer dans l’Hudson à New York.
Tel que nous l’anticipions, l’approche de New York est houleuse. Le tout New York plaisancier est sur l’eau. Mais il nous en faudrait plus que cela pour gâcher cette portion mémorable de l’expédition. Voici en images le passage new-yorkais.
Nous passerons la nuit en aval du Tappan Zee Bridge.
Prochain billet : de New York à Montréal.
Cap au Nord!
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Lundi 4 juillet 2011
Samedi matin, les deux motomarines sont prêtes à être remises à l’eau. Éric fait un petit essai et tout semble correct. Nous reprenons donc le chemin vers le nord après un arrêt forcé de trois jours à Saint-Augustine. Pas si vite! Nous n’en avions pas tout à fait terminé avec la Floride. Après quelques minutes de route, Éric me signale que ça ne fonctionne pas! Zut, nous devons retourner à la rampe et appeler nos amis de First Coast. Ceux-ci font des pieds et des mains afin de nous remettre à l’eau le plus rapidement possible. Mission accomplie, dès midi, nous sommes de retour sur l’eau et filons à toute allure vers le nord. Invictus a une pompe et une hélice neuve.
Les canaux bordés de marinas et de propriétés cossues font place à un paysage plus sauvage en Géorgie. Nous naviguons à travers des méandres de marais d’eau salée.
Nous atteindrons Jekyll Island en début de soirée, une destination touristique importante de la Géorgie. Nous aurons tout juste le temps de planter nos tentes avant qu’un violent orage ne s’abatte sur la région. Nos motomarines sont nettoyées de leurs résidus d’eau salée.
Comme tous les matins de camping, le lever du jour se fait tôt. Nous en profitons pour mettre beaucoup de kilomètres derrière nous en matinée suivis d’un arrêt à Hilton Head pour l’essence et le lunch. Nous y faisons la connaissance de deux amis de Louisville, Kentucky, qui nous paient une bière et nous invitent à dîner en leur compagnie chez Hudson’s, un arrêt populaire de cette région prisée pour les beaux terrains de golf. Ken et Jim, inspirés par notre expédition, donneront généreusement à la cause que nous soutenons. Thanks a lot fellow boaters! Long life to you.
Encouragés par cette belle rencontre, nous continuons notre route et atteignons Charleston en fin de journée. Le paysage de la Caroline du Sud est mixte : plusieurs sections de marais d’eau salée, qui font la fierté des gens du coin, et des zones bordées de belles maisons.
Charleston nous surprend par la densité de la circulation des plaisanciers et par l’importante quantité de marinas et de gros yachts.
Après avoir fait le plein, Invictus ne démarre plus. La pile semble avoir terminé sa vie utile. Après plus de 200 heures de travail intense, c’est normal. Nous passerons la nuit là et changerons la pile le lendemain matin.
Nous laissons Charleston derrière nous vers midi et continuons notre route vers le nord.
Encore une fois, le paysage varie entre canaux bordés de marais et forêts ou petites communautés balnéaires avec leurs marinas et belles propriétés.
En milieu d’après-midi, le ciel se couvre, et des éclairs déchirent le ciel un peu plus au Nord-ouest. Nous prenons la décision de prendre une pause afin de voir comment le tout évolue. Une trentaine de minutes plus tard, nous ré-enfourchons nos engins et retrouvons cette belle rivière sinueuse avec un peu de pluie en guise de rappel qu’en fin de journée par ici, les orages ne sont jamais bien loin.
Nous arrivons à Myrtle Beach en fin d’après-midi, mais décidons d’aller tenter notre chance à North Myrtle Beach, quelques kilomètres plus au nord. En passsant dans une zone de vitesse réduite en bordure d’une marina, nous entendons quelqu’un nous interpeller en français! Deux Sorelois qui livrent un bateau de plaisance au lac Champlain depuis Fort Lauderdale avaient entendu parler de nous par un employé québécois, Stéphane, de la marina de Saint-Augustine. En voyant nos montures peu communes et le drapeau canadien sur la coque, ils en ont déduit que nous étions les gars du Grand Tour 2011! Nous arrêtons jaser avec eux un peu avant de reprendre la route vers Lightkeepers Marina, un peu plus au nord. Salutations à Serge et Bernard!
De gentils vacanciers de Kansas City, sur leur beau voilier à la marina Lightkeepers, nous aident à nous organiser puisque la marina est fermée à cette heure tardive. Encore un bel exemple de solidarité entre plaisanciers.
Nous avons droit à une belle matinée, comme c’est l’habitude depuis plusieurs jours et nous réussissons à franchir 260 kilomètres jusqu’au dîner. Il semble que les marinas manquent d’espace en Caroline du Nord!
Anecdote intéressante : je remarque un voilier immatriculé à Montréal que nous nous apprêtons à dépasser. Je ralentis et les gens à bord me font signe de m’approcher. Ce sont deux Québécois qui reviennent des Antilles et qui suivent le Grand Tour 2011 via Évasion.tv! Ils sont très heureux de nous voir en personne et nous offrent gentiment leurs encouragements.
L’après-midi est une tout autre histoire. Un vent du sud à plus de 20 noeuds nous rend la vie plus difficile. Les vagues déferlent dans les baies qui ouvrent à la mer et nous devons arrêter la journée vers 15 h 30 à Oriental en Caroline du Nord.
C’est frais et dispos que nous nous engageons dans la traversée de la rivière Neuse. Le vent a diminué, mais la croisière demeure tumultueuse. Atmosphère s’engouffre dans quelques vagues et son cavalier en est quitte pour une douche d’eau salée… à 7 h 30 du matin, ça réveille!
La fumée des feux de forêt diminue grandement la visibilité. Elle ne se dissipera que vers 11 h.
Nous devons encore traverser le Pamlico Sound et le Albemarle Sound, deux endroits où le vent ne pardonne pas. Encore une fois, nous sommes chanceux malgré un vent soutenu de sud-ouest. Les traversées sont faisables bien que peu confortables. On ne s’en formalisera pas trop. L’exercice est épuisant, et Éric en profite pour se reposer lors des moments plus calmes!
Nous devons franchir quelques ponts à dégagement vertical faible et une écluse afin d’atteindre Norfolk en Virginie et la fin de l’ICW (Intracoastal Waterway).
L’entrée du port est dépaysante. Il y avait belle lurette que nous n’avions pas navigué dans un secteur aussi industriel. Norfolk est une des plus grosses bases navales des Etats-Unis, et nous pouvons déjà le constater.
Nous aurons la chance de voir les porte-avions lors de notre remontée de la baie de Chesapeake demain, si la météo est favorable.
Pour le Grand Tour 2011, Norfolk est une étape importante. Cela signifie la fin de l’ICW, dans lequel nous naviguons depuis notre sortie de la rivière Tombigbee à Mobile en Alabama. Maintenant, nous devrons choisir nous même les endroits sécuritaires pour notre navigation. La remontée de la Baie de Chesapeake et la descente du Delaware sont sujettes à une météo clémente. Nous devrons être patients et prudents.
Prochain billet : de Norfolk à New York.
Baisse du niveau de l’eau, problèmes mécaniques et alligators…
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Lundi 27 juin 2011
Les zones de vitesse réduites nous ayant échaudées, nous décidons de quitter la baie de Tampa afin de naviguer au large, dans le golfe du Mexique.
L’eau y est plus profonde qu’en sa partie nord-est, et nous sommes en mesure de longer les belles plages et d’admirer les belles propriétés en bordure de mer.
Nous réintégrons l’Iintracoastal Waterways (ICW) à Captiva Island et en profitons pour aller diner à Cabbage Key, un endroit très prisé de ce secteur.
Nous poursuivons la route jusqu’à Fort-Myers, là ou nous pénétrons au cœur de la Floride et la traversons d’ouest en est par la rivière Caloosahatchee, le lac Okeechobee et le canal de St. Lucie.
Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’après les hauts niveaux d’eau du Canal Rideau, les inondations historiques de l’Illinois, du Mississippi et de l’Ohio, nous devons une fois de plus faire fasse à des conditions météo record! Le lac Okeechobee est à son plus bas niveau de mémoire d’homme. Nous devons donc traverser la première et la dernière écluse à des heures fixes, soient 9 h et/ou 16 h. Les heures fixes sont nécessaires pour conserver suffisamment d’eau sur le lac. Grâce à notre navigateur expert, Éric, nous sommes en mesure d’arriver à la première écluse à 15 h 45! Les deux autres écluses suivantes sont libres, c’est-à-dire que les portes sont ouvertes en aval et en amont.
Nous terminerons cette superbe journée en naviguant à vive allure sur le canal Caloosahatchee, au travers des alligators qui nous observent en grand nombre et face à une menace imminente d’orages violents.
Nous passerons la nuit à Clewiston dans une charmante marina, à quelques vagues du lac Okeechobee, enclavée derrière une écluse elle aussi libre.
Nous quittons Clewiston au lever du jour, car nous devons être à l’écluse de St. Lucie à 9 h. Nous avons plus de 100 kilomètres à franchir, incluant le lac Okeechobee, le deuxième plus grand lac
d’eau douce des États-Unis.
Tel qu’on nous l’avait dit, les balises sont presque inexistantes sur le lac et il n’y a pas d’eau en dehors du chenal principal. On peut voir quelques épaves de bateaux qui se sont égarés du chenal les semaines précédentes. Éric suit religieusement sa carte électronique, et moi je suis Éric. C’est réussi et de plus, nous arrivons amplement à temps pour franchir la dernière écluse du système. Nous avons même de la compagnie dans l’écluse!
Le canal de St. Lucie était désolant à voir. Les bas niveaux d’eau laissaient les quais à découvert, les riverains ne pouvant plus profiter de leur situation privilégiée.
Par contre, une fois l’écluse franchie, le paysage retrouve son aplomb floridien, et St. Lucie nous offre ses plus belles propriétés en bordure de l’eau.
Nous mettons de l’essence à la marina de l’hôtel Marriot. Nous sommes maintenant habitués aux diverses réactions de surprise des gens qui apprennent d’où nous venons. Nous dormons sous la tente à Titusville. La chaleur accablante rend le sommeil difficile. De là, nous voulons rejoindre Saint Augustine pour le diner et peut-être nous rendre à la frontière de la Géorgie pour dormir. J’apprécie particulièrement l’ICW dans le coin de Hammock Beach.
Invictus vaincu?
Nos plans sont chambardés une fois de plus. Invictus éprouve des problèmes de vibration et prend l’eau. Nous devons nous arrêter sur une plage à Palm Coast et vérifier le problème. Impossible de faire quoi que ce soit. Atmosphère remorque Invictus – elle lui devait bien cela après l’épisode de Peoria – jusqu’à la marina la plus près, et nous communiquons avec First Coast Honda de Saint Augustine, le détaillant BRP le plus près.
Ils viennent chercher Invictus tandis que je les rejoins en motomarine à la marina municipale de Saint Augustine. L’approche de est superbe!
Jusqu’ici, nous avons toujours su tirer profit des arrêts forcés. Saint Augustine ne fera pas exception : c’est la plus vieille ville des Etats-Unis. Et nous étions dus pour des changements d’huile sur les motomarines.
Nous ferons d’une pierre deux coups. Les pièces de rechange sont commandées, Atmosphère et Invictus subissent leur changement d’huile, nous n’avons plus qu’à attendre et en profiter pour visiter cette superbe ville côtière. Un des arrêts incontournables, le plus gros zoo d’alligators et crocodiles des États-Unis : Alligators Farm!
Nous espérons être de retour sur l’eau bientôt… À suivre!
Rodéo dans le golf du Mexique
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Mercredi 22 juin 2011
Nous quittons Mobile tôt le matin afin de profiter des habituelles accalmies matinales dans la baie de Mobile, reconnue pour son tempérament fougueux dû à son manque de profondeur. Nous franchissons les vingt kilomètres qui nous séparaient de l’entrée de l’Intra Coastal Waterways en moins de 45 minutes. Notre premier arrêt est au Lulu’s Café, restaurant populaire de l’ICW, propriété de la sœur du chanteur pop-country américain Jimmy Buffet.
Nous sommes à l’abri du golfe du Mexique pour les 350 prochains kilomètres. Le paysage contraste avec la Tenn-Tom et la Black Warrior River. Plusieurs propriétés luxueuses et complexes hôteliers bordent les deux rives. De superbes plages de sable blanc sont visibles au sud. Deuxième ravitaillement à Fort Walton Beach, tout près d’une importante base militaire aérienne. Afin d’accéder à Fort Walton, nous pénétrons dans l’un des « narrows », des canaux artificiels qui relient les différentes parties de l’ICW. Ces canaux sont bordés de pins. On y voit souvent des dauphins et des nids d’aigle sur les balises.
Nous passons notre première nuit dans l’ICW à Panama City. Nous appareillons vers 8 h puisqu’une fois de plus, nous avons beaucoup de distance à parcourir. Nous devons franchir les cent kilomètres qui séparent Carabelle de St. Marks en plein golfe du Mexique puisque l’ICW s’interrompt à Carabelle pour reprendre à Tarpon Spring, 350 kilomètres plus loin. Un arrêt à Apalachicola et un dernier à Carabelle pour refaire le plein de carburant avant la « traversée ».
Nous quittons Carabelle vers les 13 h 30. Le vent a commencé à souffler du sud-ouest depuis une trentaine de minutes. Nous savons que le vent se lève souvent en après-midi dans le golfe du Mexique. Nous décidons de sortir au large voir les conditions. Nous jugeons qu’elles sont sécuritaires et continuons notre route. La règle de pouce sur la côte est du golfe du Mexique est que la profondeur de l’eau augmente d’un pied par mille de distance de la côte! Nous devons donc naviguer à plus de cinq kilomètres de la côte afin de conserver une profondeur sécuritaire d’un mètre sous la coque. La mer est agitée, mais nous réussissons à maintenir une vitesse d’environ 20 nœuds. Comme Eric le dira en arrivant à St. Marks, c’était comme monter un taureau de rodéo pendant trois heures!
St. Marks est située en plein cœur du St. Marks National Wildlife Refuge. Nous sommes accueillis par les sympathiques résidents du St. Mark Yacht Club. Merci à Ron, Carol, Phil et Mary! La météo est favorable le lendemain matin au moment de sortir au large et continuer notre route vers le sud. Le golfe du Mexique est comme un miroir! Des feux de forêt font rage en Floride et nous en seront témoin. Ils sont visibles du large tout près de Steinhatchee.
De plus, nous aurons la chance de partager la route, du moins pour un court moment, avec de beaux dauphins.
Après l’arrêt pour le lunch et un ravitaillement à Cedar Key, nous reprenons la route vers le sud. Le vent ne tarde pas à se lever et nous mettons un terme à cette journée de navigation à Crystal River, le fief des lamantins (manatees), ces mammifères herbivores emblématiques de la Floride qui sont bien entendus protégés.
Nous quittons Crystal River tôt espérant profiter de vents faibles du matin. Il n’en est rien. Le vent souffle déjà du sud-ouest de 10 à 15 nœuds. Nous hésitons à aller plus loin, car nous ne pourrons entrer de nouveau dans l’ICW qu’à Tarpon Springs, 100 kilomètres au sud. Nous nous éloignons de la côte en eau plus profonde, où les vagues sont moins déferlantes. Cela porte fruit : c’est plus confortable et nous décidons de continuer. Nous devons nous arrêter toutes les trente minutes afin de dégager les algues qui obstruent nos succions.
Nous atteignons Tarpon Springs en début d’après-midi. Ce petit port est reconnu pour sa pêche aux éponges de mer et sa communauté d’origine grecque.
C’est ici que nous réintégrons l’ICW. Une déception nous attend. Presque toutes les sections de l’ICW à proximité des marinas et des propriétés sont limités à une vitesse minimale, et il est interdit de créer des vagues. Nous devons donc naviguer à une vitesse de 5 nœuds en plein soleil. Cette situation nous motivera à sortir naviguer dans le golfe du Mexique le lendemain afin d’éviter ces limitations. Nous dormons à St. Petersburgh. Nous y faisons la rencontre de charmantes dames qui viennent d’ouvrir un petit resto sur les quais de la marina…
Prochain billet : de St. Petersburgh à La Georgie.
Alligators et chaleur accablante : on approche du Sud!
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Vendredi 17 juin 2011
Lors de notre séjour à Peoria, nous en avons profité pour visiter et contacter certaines des marinas ou nous devions nous ravitailler en carburant lors du transit vers le Mississippi et l’Ohio. Bien que plusieurs personnes nous aient dit que cette section était toujours inondée, nous avions toujours espoir de pouvoir s’y rendre. Une fois de plus, la réalité nous a rattrapés. Tous les points de ravitaillement sont fermés. Aucune marina n’est en fonction. Les quais municipaux n’ont pas été mouillés. Les parcs nationaux en bordure des rivières sont inondés et bien sur fermés.
Nous ne pouvons nous permettre d’attendre la baisse des niveaux d’eau. Une seule solution est possible : contourner la zone inondée. La mobilité des motomarines est un avantage majeur pour ce type d’expédition.
Grâce à la générosité des gens de Grayboy marine, nous quittons Peoria sur une remorque tandem et sommes en mesure de poursuivre le Grand Tour 2011 tout juste en amont du premier barrage des Kentucky Lakes. Thank you Roger Ritchie!
La première journée sur les Kentucky Lakes – qui se trouvent étrangement au Tennessee – a été en tous points satisfaisante. Nous n’avions pas navigué depuis près de cinq jours et craignions qu’Atmosphère souffre de sa dernière chirurgie, mais non. Nous avons découvert une belle rivière – qu’ils appellent ici des lacs – propre avec une eau à près de 30 °C, qui est naviguée à la fois par des remorqueurs et leurs barges ainsi que par de nombreux plaisanciers et pêcheurs sportifs.
Les pontons et maisons flottantes sont à l’honneur. Certains d’entre eux filent même à des vitesses de plus de 40 nœuds!
Les chalets et maisons qui bordent ces lacs sont sur pilotis, car les niveaux d’eau varient beaucoup.
Nous passons la soirée et la nuit chez Doug et Linda, deux retraités d’IBM qui nous ont gentiment offert de partager un repas et de profiter d’une bonne nuit de sommeil. Merci!
Le lendemain, nous quittons les Kentucky Lakes pour nous attaquer au Ten-Tom Waterways. Un autre canal creusé par l’homme muni de 12 écluses et barrages qui nous mènera à la rivière Tombigbee. Regardez la vidéo ci-dessous et imaginez-vous que c’est ce que nous avons fait pendant presque trois jours!
La première partie du canal est très étroite et pratiquement sauvage. Nous pouvons y faire une bonne vitesse. Nous traversons les trois premières écluses et en profitons pour nous rafraîchir lors des courtes attentes. La température dépasse 35 °C.
Nous passons la nuit à Fulton, Mississippi. De violents orages sont au menu pour la soirée. Une tornade à complètement rasée le village de Smithville, tout près d’ici, en avril dernier. Plus de 130 personnes y ont perdu la vie.
Le lendemain a été une répétition de la journée précédente : écluses et un canal sauvage, sinueux et presque désert. Un point positif par contre, les éclusiers sont très sympathiques et l’attente est minimale. Nous devons, pour cette portion, nous ravitailler en route avec nos bidons supplémentaires puisque la distance entre les points de ravitaillement est trop grande. Nous nous échouons sur une belle plage, là ou nous voyons des alligators venir de loin!
Nous arrêtons ensuite faire le plein à Pirate’s Cove Marina. Nous avions pensé dormir là peut-être, mais à la vue du site, nous décidons de faire les 160 kilomètres qui nous séparent de Demopolis malgré l’heure tardive. Nous réussissons l’exploit, et ce, sans ravitaillement de fortune! Nous sommes fiers de nous après une grosse journée de près de 370 kilomètres. Nous avons la chance de voir le USS Snagboat Montgomery, le dernier bateau à roue à vapeur qui sillonne les rivières du sud des États-Unis.
À Demopolis, nous sommes invités à visiter un remorqueur par son capitaine, Danny Wayne. Capitaine Wayne nous apparaît être le stéréotype du push tug captain américain.
Demopolis veut également dire la fin du Tenn-Tom Waterway. Le lendemain nous nous attaquons à la rivière Black Warrior et à la rivière Tombigbee qui nous mènera à Mobile en Alabama, à la porte du golfe du Mexique.
Ce parcours est similaire au Tenn-Tom à la différence que l’eau y est de plus en plus salée. La végétation commence à changer. Nous parcourons plusieurs parois de craie très impressionnantes.
Il fait 45 °C et l’eau est à 35 °C. C’est étouffant, même à 40 nœuds!
Nous atteignons finalement Mobile en fin de journée. Nous nous rendons à la rivière Dog afin d’y passer la nuit sous la tente dans cette chaleur écrasante. Le sommeil est difficile à trouver. Par contre, nous avons complété la moitié de l’expédition et nous en sommes fiers.
Prochain billet : de Mobile à Fort-Meyers.
Visiter Chicago en motomarine
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Mercredi 15 juin 2011
Nous quittons l’hôtel lundi matin en taxi. Nous regardons la masse de gens qui vont travailler. Cela nous permet une fois de plus de réaliser la chance que nous avons de faire cette expédition. Nous sommes motivés au plus haut point. Le premier tiers du voyage est complété. Nous entamons cette partie du périple avec l’espoir d’atteindre le Mississippi sous peu. Nous sommes impatient à l’idée d’emprunter le Chicago Sanitary & Ship Canal et la rivière Illinois puisqu’en théorie, les motomarines n’ont pas le droit d’utiliser les huit écluses du réseau. Eric a bien préparé le terrain et il semble qu’ils feront une exception pour nous, mais il n’en demeure pas moins que chaque maître d’écluse a le dernier mot, et que nous n’avons pas de confirmation écrite que nous pouvons aller de l’avant.
Nous savions que la première écluse était une formalité. C’est elle qui nous permet de pénétrer dans le coeur de Chicago.
Cette première partie est superbe. Nous naviguons à vitesse minimale sous la quarantaine de ponts qui enjambent le canal dans le centre-ville de Chicago.
Par contre, sitôt la ville dernière nous, nous ne pouvons éviter tous les débris qui jonchent le canal.
Nos turbines s’embourbent régulièrement et nous devons développer rapidement différentes techniques afin de réussir à dégager l’hélice ou la prise d’air. Après, nous retrouvons un certain rythme et atteignons la deuxième écluse. Cette partie du canal est très industrialisée et peu invitante.
Nous poursuivons la route à une vitesse moyenne de 35 nœuds. Nous croisons quelques remorqueurs qui poussent des barges.
Ce que nous appréhendions survient finalement à l’écluse de Marseilles (numéro 5). Le maître éclusier refuse catégoriquement de nous laisser passer. Nous avions été avertis par le maître éclusier de l’écluse précédente que celui-ci était peu enclin aux exceptions. Une fois de plus, notre bonne étoile nous vient en aide. Un plaisancier qui attend de traverser l’écluse, et ce, depuis un long moment, nous offre de nous accueillir à son bord et de remorquer nos deux motomarines. Le maître éclusier accepte du bout des lèvres. La manœuvre est périlleuse, mais nous finissons par réussir à quitter ce lieu peu accueillant. En guise de souvenir, notre bon samaritain nous fait une vague étonnamment creuse lors de son départ. Plus de peur que de mal.
C’est assez pour aujourd’hui. Nous dormirons à Heritage Harbour Marina. Une fois de plus nous sommes très bien accueillis par Gerry et Annie. Ils nous permettent de camper sur place. Nous avons passé une excellente soirée au resto de Tracy et Roy en leur compagnie. Un bon exemple du Southern hospitality.
Marche arrière sur la rivière Illinois
Le lendemain, mon père Claude aurait eu 66 ans.
La journée commence du bon pied lorsque le maître éclusier de Starved Rock (numéro 6) nous laisse traverser. Il nous dit en plus que nous avons la voie libre jusqu’au Mississippi puisque les deux dernières écluses peuvent être contournées par les barrages, étant donné le haut niveau de l’eau. Je trouve personnellement la navigation sur l’Illinois décevante. Beaucoup de débris, tout est inondé aux abords. C’est une rivière sinueuse bordée d’arbres. Des barges sont attachées ci et là sur des arbres en bordure de la rivière. Quelques usines avec leur quai. Rien de plus.
Vers midi, lors d’une manœuvre de départ d’un quai ou nous nous étions arrêtés pour grignoter, le système de redirection de jet d’Atmosphère reste coincé en position marche arrière. Rien n’y fait. Le concessionnaire Bombardier le plus près est à plus d’une heure de route, à Peoria, Illinois. Nous décidons de nous rapprocher un peu afin de diminuer les coûts du transport et surtout de trouver une marina ou nous pourrons mieux gérer ce problème. Invictus remorque
Atmosphère sur une distance d’environ vingt kilomètres jusqu’à la marina de Henry.
Nous y louons une voiture pour nous rendre chez le concessionnaire Bombardier Grayboy à Peoria. Ces derniers sont très attentifs à nos préoccupations et remorquent les deux bolides le lendemain matin.
La suite est une longue partie de joies et déceptions qui nous rappelle un peu trop bien notre épisode de Hawkesbury. Pièces non disponible dans la région, découverte de nouveaux problèmes en démontant la pièce défectueuse, etc. Nous perdrons près de cinq jours à Peoria. Nous en profitons pour faire faire les changements d’huile sur les deux machines et pour visiter Saint-Louis et Springfield, la capitale de l’état, en voiture.
Nous n’aurons pas besoin de nous y arrêter lors de notre passage en motomarines. Nous prenons également le temps de bien planifier les prochains jours qui seront cruciaux puisque les stations d’essence sont trop espacées pour notre autonomie. Nous devrons être astucieux.
Prochain billet : de Kentucky Lakes au golfe du Mexique.
Traversée du lac Michigan vers Chicago
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Mercredi 8 juin 2011
Nous quittons Mackinaw City tôt le 2 juin. Le vent a beaucoup diminué, mais il subsiste une houle du nord-ouest qui nous ralentit substantiellement, surtout dans le détroit. Nous naviguons à une vitesse de dix nœuds et en moins de deux minutes, nous sommes mouillés de la tête au pied. L’eau est à une température de 6 °C par endroits! Une chance que nous sommes habillés chaudement. Une fois le détroit franchi, nous gouvernons au sud-ouest et la houle semble diminuer en hauteur. Nous augmentons la cadence et sommes en mesure d’atteindre Harbour Spring en milieu de matinée. Ce havre nous rappelle Newport, Rhode Island.
Eric avait choisi de naviguer sur la côte est du Lac Michigan pour deux raisons. La première est que le fond est sablonneux au lieu de rocailleux et la deuxième est que nous y retrouvons des ports de refuges à chaque quarante kilomètres environ. Ces ports de refuges ont tous été construits de la même façon, en reliant un lac existant en bordure du lac Michigan, à ce dernier à l’aide de canaux creusés mécaniquement qu’on a ensuite bordé de brises lames qui s’avancent à plusieurs mètres dans le lac Michigan. C’était toujours très rassurant de pouvoir voir au loin les phares typiques qui indiquent l’entrée de ces ports de refuges.
Dans la partie nord-est du lac Michigan, nous sommes frappés par les belles propriétés, mais surtout par la couleur et la transparence de l’eau. Plus l’on descend vers le Sud, moins l’eau est translucide.
Nous faisons quelques arrêts dans des ports de refuges, soit pour se ravitailler en carburant ou tout simplement par curiosité. Un de ces arrêts nous avait été suggéré lors d’une lecture à propos du Great loop. Leland, Michigan, est un petit port de pêche qui semble s’être figé dans le temps.
Nous nous arrêtons finalement à Frankfort pour la nuit. La journée a été épuisante à cause des conditions météo.
Le lendemain semble une répétition de la veille. Les vents sont soutenus et il est difficile de naviguer à une vitesse plus élevée que 25 nœuds. Les belles plages de sable blanc sont entrecoupées par des dunes!
Nous visiterons les ports de Manistee et de Ludington avant de nous arrêter à Muskegon pour la nuit.
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Surprise au lever du jour à Muskegon. Vents du sud-ouest à plus de vingt nœuds et brouillard! Mauvaise recette. Nous décidons d’attendre que le tout se résorbe. En début d’après-midi, nous décidons de tenter notre chance. Les vagues sont grosses pour nos petites embarcations, mais nous décidons d’aller de l’avant. La visibilité est moyenne, mais en restant près de la côte, c’est sécuritaire. Un petit arrêt à Holland où nous y voyons un aéroglisseur d’inspiration australienne.
L’arrêt du soir nous avait été recommandé par Josh, le jeune préposé de la marina de Muskegon. South Haven. Wow! Quel beau port! Certainement un des plus beaux du lac Michigan. Les gens de la marina municipale sont très accueillants, mais nous disent que l’on ne peut pas camper à proximité de la marina. La mère de la gérante de la Marina était une Gaspésienne d’origine. Afin de nous aider, ils nous offrent d’aller camper sur un de leurs terrains situés à plus d’un mille et demi en amont de la rivière. Nous acceptons leur offre avec plaisir. De plus, ils décident de ne pas nous facturer les frais étant donné la nature de notre expédition.
En chemin vers le site de camping nous naviguons à vitesse minimale puisque toute la rivière est bordée de quais remplis de yachts de toutes sortes.
Les gens semblent intrigués par nos motomarines et tous les bagages que nous transportons. Des gens qui se promènent tranquillement en bateau nous abordent et nous posent des questions sur notre expédition. De fils en aiguille, ils nous invitent à dormir sur leur yacht au lieu de camper. L’offre est très alléchante. Nous acceptons humblement. Dave et Gail sont des hôtes très sympathiques. Nous partagerons un bon souper avec eux et leurs compagnons de quai.
La température est idéale pour la traverse du lac Michigan. Eric a des fourmis dans les jambes. Nous partons tôt. Dernier arrêt à Benton Harbour pour faire le plein.
La traversée de 110 kilomètres est absolument extraordinaire!
Malgré nos inquiétudes liées à nos expériences passées sur la rivière des Outaouais, nous sommes très heureux de voir le profil de Chicago se dessiner à l’horizon. Nous apercevons la tour Willis (anciennement tour Sears) à plus de cinquante kilomètres. Voici en rafales quelques vidéos de nous en motomarines devant Chicago :
Chicago représente beaucoup pour nous. C’est une étape importante franchie!
Nous profitons de cette demi-journée de repos pour prendre un verre dans la tour John Hancock et pour aller souper au House of Blues en prenant El train dans le Loop : l’expérience typique pour toute courte visite dans la ville des vents. Nous sommes prêts à attaquer le Midwest.
Prochain billet : Chicago, Mississippi.
De Killarney à Mackinac Island, une île à visiter!
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Lundi 6 juin 2011
Après une bonne nuit de sommeil au Killarney Mountain Lodge, endroit rendu célèbre par les peintres du Groupe des sept qui créèrent le parc Killarney à la fin des années 20, nous reprenons la route. Nous voulons atteindre les États-Unis en milieu d’après-midi. Nous faisons deux arrêts pour ravitailler. Un à Spanish, très belle marina municipale et l’autre à Thessalon ou nous enfourchons deux vélos roses pour aller manger. La charmante serveuse au resto du village nous sert un beignet à la cannelle énorme en guise de dessert, et ce, en français svp!
L’estomac bien rempli, nous naviguons sans relâche vers la côte sud du Lac Huron pour atteindre Drummond Island en milieu d’après-midi. Nous y franchissons les douanes et pouvons poursuivre notre route vers Detour, Michigan.
Nous ne pouvons malheureusement pas y passer la nuit, car il n’y a pas de camping à proximité. Par contre, l’employée de la marina nous dit qu’il y a un parc à environ 10 kilomètres le long de la côte en direction du détroit de Mackinac, ou nous pourrions échouer nos motomarines sur la plage. Nous avons beau scruter l’horizon et toutes les petites baies : nul signe d’un parc, d’un camping ni même d’une plage. Dans le fond d’une baie, nous voyons un beau quai bleu très invitant. Nous nous y amarrons et prenant son courage à deux mains, Eric va frapper à la porte du propriétaire afin de lui demander ou se trouve le parc en question. Ce dernier, bien que peu accueillant au début, qui pourrait le blâmer, dit à Eric qu’il n’y a pas de parc à proximité. Par contre, le vieil homme dit à Eric qu’il y a un village à une vingtaine de milles plus loin où se trouvent plusieurs marinas. Le temps file et nous devons trouver un endroit pour la nuit. Avant de quitter, notre nouvel ange gardien nous offre de passer la nuit à son quai et devant notre refus poli, nous dit d’être prudent sur la côte, car il y plusieurs roches à fleur d’eau. Sans le savoir, ce pêcheur à la retraite venait d’influencer notre voyage de façon très positive.
Le village dont parlait le vieux pêcheur était en fait Cedarville au Michigan, situé dans le secteur de Les Chenaux très prisé des plaisanciers et des pêcheurs et un des joyaux de la construction et de la préservation des bateaux classiques. C’est en effet à Hessel à quelques kilomètres de Cedarville qu’à lieu chaque deuxième samedi du mois d’août l’un des plus gros festivals de bateaux antiques des États-Unis. Le docteur Jon Stein et son épouse nous ont chaleureusement accueillis à leur camping à un coût des plus charitable.
Une de leurs connaissances a malheureusement souffert de la Sclérose latérale amyotrophique et ils étaient très touchés par notre cause. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont communiqué avec Robert W. Smith, fondateur du festival de bateaux antiques, propriétaire d’un parc immobilier touristique et éditeur du journal local, afin que ce dernier publie un article à propos de notre expédition! Bob (puisque nous sommes maintenant des amis) nous a même réservé une table au très prestigieux Jockey Club du Grand Hôtel de l’île de Mackinac afin que l’on puisse y manger lors de notre visite du surlendemain. Un gros merci Bob! Nous avons été reçus comme des rois.
Mardi matin, nous quittons Cedarville sous une mince brume en destination de Mackinaw City afin de nous y abriter pour laisser passer le creux barométrique qui s’en vient, accompagné de vents de plus de 35 nœuds du sud-ouest. Impossible de naviguer sur la côte est du Lac Michigan avec ce type de vent, les vagues ont plus de deux mètres!
Nous franchissons le détroit de Mackinac sans difficulté et profitons d’un paysage familier puisque nous avons tous deux eu la chance de naviguer ces eaux lors de notre carrière de marin. Le pont de Mackinac nous rappel le pont Pierre-Laporte par son architecture.
Nous sommes une fois de plus accueillis de façon exemplaire par Dave et son équipe à la marina municipale de Mackinaw City. Nous dénichons un petit motel abordable à proximité de la marina puisqu’ils annoncent des cellules orageuses et des grêlons de la grosseur de balles de golf durant la soirée et le début de la nuit. Heureusement, malgré les vents décoiffant, les prédictions de chutes de grêle ne se sont pas avérées positives pour notre région.
Nous profitons de cette journée de repos forcé dû aux forts vents pour remettre de l’ordre dans nos sacs, faire du lavage, effectuer quelques achats, écrire des lettres et des cartes postales et bien sûr, profiter de l’invitation de Bob pour aller visiter le Grand Hôtel et le Jockey Club sur l’île de Mackinac.
Nous avons adoré notre excursion sur l’île et aimerions tous deux y revenir avec nos familles respectives afin de faire vivre cette expérience intemporelle à nos proches. Aucune voiture sur l’île de Mackinac, que des vélos et des chevaux.
Nous surveillons la météo de près, Eric communique avec les éclusiers du Chicago Sanitary & Ship Canal afin de tenter de les convaincre de nous laisser transiter malgré des restrictions aux motomarines. Ces derniers semblent ouverts à l’idée, nous devons par contre attendre pour une confirmation plus tard dans la semaine.
Demain, si dame nature le permet, nous allons tenter de rallier Ludington. Une journée de 280 kilomètres.
Prochain billet : Mackinaw City à Chicago. À suivre!
L’ingénierie canadienne à son meilleur entre Peterborough et Killarny
Écrit par : admin dans Grand Tour 2011 le Lundi 30 mai 2011
Excellente nouvelle pour débuter cette journée pluvieuse : le Trent-Severn ouvre. Nous sommes vendredi, il est 9 h 30. Nous enfourchons nos bolides et filons vers le quai de l’hôtel pour charger nos bagages. Nous sommes vraiment excités à l’idée de pouvoir sortir de ce beau canal samedi midi.
Nous allons maintenant pouvoir franchir la légendaire écluse de Peterborough. Un ascenseur à bateaux!
L’ingénierie canadienne à son meilleur. Attendez de voir Big Chute, moins impressionnant côté ingénierie, mais tout autant côté spectacle!
Nous passons une très belle journée sur le canal. Ça fait du bien de mettre des milles derrière nous. Les employés de Parcs Canada sont vraiment extraordinaires. Ils sont toujours prêts à aider et donner des conseils.
Plus on s’éloigne de Montréal, plus les gens sont surpris et impressionnés par notre expédition. Nous passons la nuit en camping à l’écluse 37 (Talbot). Notre dernière nuit sur les sites de Parcs Canada pour un bon bout de temps. À partir de maintenant, c’est la chasse aux marinas!
Le lendemain, nous naviguons sur une portion du canal qui est bordée par des chalets modestes, mais nombreux. De petits canaux joignent des étendues plus vastes, mais pas de gros lacs.
Nous espérons pouvoir faire route jusqu’à Parry Sound, 100 kilomètres passé Port-Severn. Les gentils propriétaires d’un casse-croute à Big Chute (Big Chute Marina) nous offrent gracieusement leurs fameux burgers afin de démontrer leur support envers notre cause, la maladie de Lou Gehrig, qui a malheureusement emporté la mère de la proprio du resto. En plus, elle nous offre un billet de 10 $ à ajouter au magot!
Nous quittons finalement le Trent-Severn vers 15 h 30. Le temps est beau, les vents faibles. Décision prise : nous irons dormir à Parry Sound. La route en cette fin d’après-midi est superbe! Aucune limite de vitesse, ça fait du bien de naviguer à vive allure.
Nous arrivons à Parry Sound, fiers de nous… mais sans abris! Après quelques questions, on nous dirige vers la marina qui accueille habituellement les passants. Super… Elle n’est pas encore ouverte. Le jeune homme qui s’y trouve (en train de peindre les bureaux) nous dit que l’été n’est pas encore débuté à Parry Sound, mais qu’il ne voit pas de problèmes à nous laisser squatter ici. Il vérifie avec sa patronne, et c’est confirmé. Nous avons la marina à nous seuls!
Après une bonne nuit sous la tente, nous sommes motivés par le défi qui nous attend : Parry Sound à Killarny. Près de 250 kilomètres, des dizaines d’îles, des centaines de roches à fleur d’eau et un itinéraire qui zigzag entre tout ces obstacles. Première surprise de la journée, à peine quelques kilomètres au large, la brume se lève.
Nous naviguons à l’aveugle, entre les roches et les îles, scrutant l’horizon pour trouver les bouées qui se trouvent sur la carte électronique embuée d’Éric. Nous sommes déçus de ne pouvoir profiter de ce paysage incroyable, caché derrière le brouillard. Après deux pleins d’essence, un diner et une bonne révision de la route à suivre, nous décidons de repousser nos limites et de transiter vers Killarny malgré le brouillard qui vient et qui va et un vent d’est qui se lève. Nous avons la chance de voir de près le phare de Pointe-aux-Barils.
La baie Georgienne est peu agitée sous ces vents de 10 nœuds, mais la navigation est tout de même inconfortable pour de si petites embarcations. Nous naviguons à une vitesse de 25 nœuds. C’est suffisant pour nous amener à Killarny vers 16 h 30. Nous y passerons la nuit. Une autre grosse journée nous attend demain. Nous désirons atteindre Detour Island et la côte américaine.
Prochain billet à Killarny au Lac Michigan…
