Archive pour le mot-clef ‘destination’
Le verdict des films individuels
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Dimanche 6 novembre 2011
Finalement, ils ne seront pas tombés dans le piège que nous leur avions tendu. Nos quatre concurrents en phase finale ont réussi à trouver des sujets et des angles de traitement originaux sur ce bout de terre qu’est Gibraltar. Le jury l’a d’ailleurs reconnu en leur accordant à tous un pointage somme toute élevé.
Question cependant : le passage à l’étape des films faits individuellement a-t-il permis d’obtenir des films marqués de la signature de chaque candidat? Pas convaincu pour ce premier coup d’essai.
Il faudra donc attendre le passage en Équateur pour y parvenir peut-être.
Et la prochaine destination est…
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Lundi 31 octobre 2011
Les quatre éliminés ont, dans un geste de grande élégance, décidé de se lever à l’aube pour nous raccompagner au bus. Il est quatre heure et demie du matin, la nuit a été courte pour tous, mais ils tenaient à nous dire au revoir.
Les quatre ont aussi choisi de ne pas revenir tout de suite à Montréal. Ils partent ensemble passer une semaine au Portugal.
Quant à nous, huit heures de route nous attendent. Huit heures pour nous rendre à Tanger, au nord du pays. C’est seulement là que je vais dévoiler la prochaine destination aux concurrents. Eux, habitués aux grands déplacements, ne vont pas manquer de se sentir à l’étroit. Car dans deux heures, notre ferry va accoster sur le quai. Et la Course s’arrête cette semaine à… à suivre!
Les deux faces de l’Italie
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Samedi 22 octobre 2011
Il y a l’Italie tonitruante : celle de Berlusconi qui n’en finit toujours pas avec ses frasques (plus de 30 procès l’attendent quand il quittera la présidence du Conseil), celle de la Squadra Azzura (l’équipe nationale de soccer) qui rajeunit et retrouve des ambitions de champion du monde, celle de la crise économique et financière, celle des réfugiés qui déferlent quotidiennement sur les ports et frontières du pays, celle des menaces de grèves, etc.
Puis, il y a cette Italie du quotidien, qui renouvelle sans cesse le bon goût et la définition de la dolce vita, celle qui oppose l’élégance d’être à la morosité du réel, celle qui sourit et partage pour le plaisir, par devoir, par fierté et par tradition, celle qui sort des voitures par grand embouteillage pour partager les infos et fraterniser (devant nous, des jeunes sortent même du café, du vin et lancent la musique, l’autoroute vers Florence devient grande surface de rencontres), etc.
Les deux faces d’une même Italie qu’on ne peut qu’aimer.
Quatre directions différentes
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Jeudi 20 octobre 2011
Les participants ont vraiment pris les quatre directions pour cette étape italienne. Direction nord vers Venise pour un duo, sud vers Rome pour un deuxième, est à destination de Rimini pour un troisième et le dernier à Florence. Dans trois jours, leurs films.
Tous les chemins mènent à Rome
Écrit par : Gabriel dans Gabriel, La course Évasion autour du monde le Mercredi 19 octobre 2011
Cette semaine, avec Eliot, j’ai réalisé qu’il y avait eu de bons côtés à me faire passer pour un couple avec Ninon.
Eliot et moi roulions en direction de la gare de train quand nous réalisâmes que notre chauffeur de three-wheels avait modifié notre itinéraire sur sa propre initiative.
- « Good massage », nous dit-il, avant d’ajouter : « very very nice girls ».
- « No massage », rétorqua-t-on. « We’re rushed. We need to go downtown ».
Un court débat suffit à le convaincre de nous ramener dans la bonne direction. La surprise fut de nous retrouver stationnés devant une boutique de bijoux quelques minutes plus tard.
- « Why are we here ?», demanda-t-on.
- « Very very nice jewls inside », s’exclama le chauffeur.
Notre patience diminua.
- « We don’t care! We’re going downtown NOW ! You understand? »
Le mec finit par acquiescer. Il redémarra la voiturette avec l’air piteux de celui qui n’a pu collecter sa commission auprès de ses amis bijoutiers.
Nous approchions finalement de la gare quand un policier nous intercepta. Notre chauffeur venait de brûler un feu rouge. Nous attendîmes quelques minutes, le temps que la contravention soit donnée, pour ENFIN compléter notre dernière portion de route. Plus personne ne parlait. Nous étions impatients d’arriver. Alors que la gare se dessinait au loin, notre chauffeur ralentit sa cadence, longea le bord de la route et se tourna une dernière fois vers nous. Plutôt que de réclamer son argent, il nous regarda en demandant : « You want opium? Or maybe marijuana? »
Nous débarquâmes en vitesse.
Découvertes culinaires saisissantes
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Mercredi 19 octobre 2011
Une de ces journées où l’on se demande vraiment si on doit être payé pour faire un travail aussi enthousiasmant.
Une journée dans la région du Chianti et après ça, on dégustera différemment les vins du Chianti à la SAQ. D’abord le village de Panzano. Une rencontre mémorable avec le plus coloré des bouchers, Dario. Entre lui et nous, une fulgurante histoire d’atomes crochues. Et une succession de scènes de hasard qu’aucun scénariste n’aurait envisagé. Il nous admet dans son antre secret, il nous promène par des portes dérobées. Et pendant que nous admirons son restaurant, un couple du Wisconsin débarque avec du fromage à faire déguster à leur ami Dario. Tout s’emballe : le Prosecco est sorti, les bouchons sautent, du pain arrive, le fromage goûte bon, Dario et la femme du Wisconsin se mettent à chanter, la femme du Wisconsin se met à pleurer pour la magie du moment, derrière, un des assistants de Dario remet sa casquette des Expos de Montréal… Le tourbillon dont on peine à se remettre.
Dario, c’est un boucher peu ordinaire. Il a une conception respectueuse de la bête et selon lui, tout est bon à manger dans la vache. À midi, à sa table, il nous fait déguster du genou de boeuf, du talon de boeuf et même… de l’anus de boeuf! À la fin, la grappa enlève le goût de reprendre le boulot. Et pourtant, il faut… Direction : un vignoble du Chianti. Et de nouveau, il faudra déguster des vins de 1994, de 2007, etc. Assommés sur la route du retour, nous nous rejouons en tête l’incroyable journée dans l’une des plus belles régions d’Italie. Nous avons tous une banane benête sur nos lèvres. Diable que nous aimons notre travail…
Macarena et Sri Lanka
Écrit par : Joannie dans Joannie, La course Évasion autour du monde le Mardi 18 octobre 2011
Escapade sri-lankaise sur trame de fond colorée, funky et surtout d’une légèreté qui fait du bien à mon petit coeur de coureuse fatiguée. Parce que ça fait drôlement du bien d’être légère dans un contexte où parfois ta tête n’en finit juste plus de spinner, à la recherche d’un sujet de film, entre deux blogues, en subissant un décalage horaire, en transit vers un nouveau pays et surtout en deuil de ce qu’on appelle une bonne nuit de sommeil!
Donc oui, de la légèreté, du Bubbly à fond, des moustaches, un barbier et encore une fois de belles rencontres. Parce que personnellement, ça me fait bien rire un film où la beauté passe par la moustache; clairement, ils ont tout compris ces Sri-Lankais! (Bon goût quand tu nous tiens)
Nous quittons donc Slave Island, Colombo, petit quartier où après deux jours de tournage, nous nous baladions dans les rues en étant reconnues comme les deux dames à la moustache, toujours un peu drôle si c’est pris hors contexte d’être les deux femmes à moustache (où est Beauce Carnaval quand on en a besoin)!
On a aussi rencontré une dame tellement funky qu’elle aurait fait sentir James Brown comme quelqu’un de pas groovy groovy. Elle et moi, on était comme des BFF sans se connaître vraiment, quand ça clique et que tu danses la Macarena dans un salon sri-lankais en te déhanchant allègrement (en chantant les paroles comme si j’étais encore en 2e année du primaire… soit en fredonnant au son… quel désastre, mais elle n’y a vu que du feu). Quelle coquette dame de 73 printemps, vraiment une singulière et douce rencontre, même si ma nouvelle amie trouvait franchement que j’avais de bien plus grosses fesses qu’Émilie et son small size.
Mes yeux émerveillés par ce contact bref avec le chaos organisé et le petit frère indien sont encore reconnaissants de cette virée à saveur de curry et de riz spicy. Quel bonheur de se perdre dans un océan de beaux gens, d’odeurs, de couleurs, de petites rues bondées, de poussière et de lumière sublime.
À chacun ses goûts, mais pour ma part, j’aime cette imperfection toute indienne/asiatique qui rend les balades et le quotidien tellement plus surprenants. La propreté et la perfection m’ennuient profondément, ça y est, c’est dit, me semble que cette perfection, ça manque de soul, un peu de trash svp… Parlant de propreté et d’élégance, nous voici dans un avion depuis plus de 77 heures… vers l’Europe! À suivre…
Voici, en images, cette ville qui fut mon coup de coeur depuis le début de cette course folle!
La Course entre dans une nouvelle phase
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Lundi 17 octobre 2011
Vingt-quatre heures tout juste… C’est le temps que nous avons mis entre notre départ de l’hôtel Galadari à Colombo et notre arrivée à l’hôtel Columbia de Montecatini, en Italie. La fatigue, certes… Mais aussi une impression que la Course entre dans une nouvelle phase.
Plusieurs éléments objectifs ou anodins le laissent penser. D’abord, cinquième pays de neuf dans la Course, l’Italie est l’exact milieu de parcours. Trente-cinq jours ont passé et ils nous en reste trente-cinq autres sur la route. Ensuite, depuis hier, les huit concurrents saisissent l’importance du pointage dans ce jeu. Les 3 points que nous avons retirés à Émilie et Joannie ont du mal à passer dans le groupe. Par solidarité, les autres demandent qu’on leur enlève autant. Si cela venait à se confirmer, par juste trois points de glissement, le classement deviendrait tout autre. Je lis sur les visages et j’entends dans les voix pour la première fois de la vraie et honnête ambition : « je ne veux pas quitter la Course la semaine prochaine », me disent-ils l’un après l’autre. Et puis alors, ça peut sembler futile, mais nous avions l’habitude de débarquer tous dans les mêmes hôtels. En Italie, nous sommes installés dans trois hôtels différents.
Last but not least, après les grandes chaleurs asiatiques, nous reprenons contact avec le froid occidental. La nuit, à Montecatini, il fait un petit 8 °C. On se sent d’un coup proche de Montréal. Notre réalisateur, lui, semble surtout en avoir eu sa dose de curry et autres épices exotiques, il rêve depuis deux jours d’une bonne pâte et de pizzas. Il ne va pas être déçu…
N’Eliya pour toujours
Écrit par : Hervé dans Hervé, La course Évasion autour du monde le Vendredi 14 octobre 2011
Le Sri Lanka et ses routes sinueuses qui virevoltent au milieu des montagnes ; ses couchers de soleil orangé-rougeâtre qui semblent sortir d’une autre époque. Parfois ils sont mauves aussi.
On était là. Bien là.
On a roulé en voiture dans les montagnes. On a dépassé d’autres voitures et d’autres autobus en les doublant dans l’autre voie durant des tournants et on n’est pas mort.
Car on est encore vivant.
On n’a pas voulu mettre d’air conditionné, mais à la fin on crachait noir.
Trop de petites motos, de rickshaw et d’autobus qui se suivent sur cette route, l’air y est vicié et t’y promener, c’est diminuer considérablement ton espérance de vie.
Mais au bout de ces routes cahoteuses, il y a les champs de thé, les Sri Lankais les plus accueillants et cet hôtel crasseux qui nous a logés quelques nuits. Je l’aimais, notre chambre, je l’aime, cette petite ville nordique, cette capitale mondiale des plantations de thé, Nuwara Eliya.
Il y a la taverne où l’on mange notre deviled chicken, des retailles de poulet frit. On y boit aussi nos grosses quilles de bière Strong à 8 %. Pas parce qu’on est alcoolique, juste parce qu’ils veulent pas que tu prennes de bière moins forte. C’est là qu’une fois entouré de travailleurs à casquette dans cet endroit sombre de cette ville, j’ai réalisé que j’étais au Sri Lanka, à l’autre bout du monde. J’ai aussi pensé qu’en dehors du fait que j’ai un film à faire par semaine, j’étais un humain comme eux.
Je suis un humain comme eux et au final, même si ma vie est étrange, on est là ensemble, on mange et on rit.
C’est ça la vie.
Sinon, on marche dans les champs de thé le soir, au coucher de soleil, on se dit que c’est merveilleusement beau.
Et il y a le retour à Colombo, la remise du film et tout ce pays qu’on n’a pas vu. Il faudra y revenir, sur cette île sri lankaise.
La Course, c’est la Course, et comme dirait Provençal : l’aventure, c’est l’aventure.
Épices
Écrit par : Ninon dans La course Évasion autour du monde, Ninon le Jeudi 13 octobre 2011
Le vent dans le toupet, le sourire accroché durant tout le trajet, je regarde la campagne sri lankaise. J’aime tellement prendre le train. Ça brasse, ça pue le charbon dans les tunnels. Ça arrête à cause d’une vache sur la track. Ça file au travers d’un monde statique, figé dans l’espace. Mes lunettes fumées trop grandes qui tombent du bout de mon nez à chaque soubresaut, je savoure. Je savoure la musique qu’une bande de jeunes a décidé de jouer, à l’autre bout du wagon. Je savoure le fish bread qu’ils viennent de nous donner. Il faudra bien s’habituer à manger épicé pour déjeuner ici. Maudit que je suis chanceuse.
On s’en va à Nuwara Elya, la ville du thé. Dans les montagnes. Après l’humidité et la boucane de Colombo, ça va faire du bien. Étrangement, mon corps me réclame l’automne. Je n’en peux plus de la chaleur. Qui l’eut cru…
J’aime cette ville. Elle ne nous a donné aucun répit. Ça a été dur. Mais ô combien agréable. Ce n’est pas simplement les vues panoramiques à couper le souffle ou les gens accueillants. Pas d’anecdotes croustillantes non plus. Juste une envie de rester un peu plus longtemps. De se remplir un thermos de thé et de monter sur la Lover’s Leap pour regarder le soleil se coucher. D’aller boire une bière à la taverne avec les gars fascinés de ma présence féminine. De se promener dans les rues entre les commerces colorés. De danser avec des gens devant l’hôtel parce qu’un discours électoral ici, ça dure trois heures et ça se termine en party.
On redescend vers Colombo en taxi. Cinq heures et demie de route sinueuse à zigzaguer entre les voitures, les bus, les ricshaws et les gens. Tout un bordel parfaitement orchestré. Tout dans une lumière jaune safran de fin de journée. Demain, on part pour ailleurs. J’ai l’estomac qui se serre, je ne sais plus si c’est le stress d’un film à remettre, l’émotion ou les épices, oh les épices! Je ne suis plus capable de manger épicé pour déjeuner. Maudit que je suis chanceuse…
















































