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Des fleurs, des images et des souvenirs plein le baluchon
Écrit par : Joannie dans Joannie, La course Évasion autour du monde le Mardi 29 novembre 2011
Le retour… ouf, j’ai comme la drôle d’impression parfois que mon corps est ici, mais que mon cœur et ma tête sont restés quelque part entre mer et monde… dispersés en petits morceaux dans les méandres du globe. Laissés volontairement à tous ces amis de passage à la générosité sans borne !
Parce que ma Course, elle aura été belle, douce, exigeante, follement drôle, touchante et surtout intense. Intense comme j’aime que les choses le soient. Parce qu’une telle épopée ne peut être vécue à moitié. T’as assurément besoin d’être complètement présente, groundée, le cœur et la tête prêts à recevoir, comme une tonne de briques, ce que la générosité de tes sujets a de précieux à t’offrir !
Comment remercier tous ces gens, parce que parfois, tu te sens un peu comme un voleur, t’arrives vite vite vite, tu dois faire un film, vite et bien, tu prends et paf, tu repars… non sans oublier comment certains moments ont été plus que magiques…
Je jongle donc parfois entre le fait de me sentir un peu comme une cleptomane de l’image… mais ma tête comprend bien que c’était ça le deal; la Course, ça le dit… ça va vite !
De retour à la maison, je tente donc de revenir à la vie, tranquillement, doucement, mais sûrement. Avec tout l’amour de mes proches que j’aime tout autant, je me sens peut-être simplement un peu loin, comme si j’avais laissé une partie de mon petit cœur de l’autre côté de l’Atlantique. Mais peut-être que celui-ci fait le voyage de retour par bateau (c’est toujours un peu plus long par les voies terrestres et maritimes…) !
J’aurai donc eu le privilège d’apprendre la vidéo dans un contexte plus que stimulant. Passionnant médium qui enrichit ma passion pour l’image, parce que ma caméra photo est encore ma meilleure amie, mais qu’elle s’est trouvé une alliée de taille et que je sais que les deux ne peuvent dorénavant que se compléter.
Un merci tout spécial à ces anges de Course qui auront fait de cette folle épopée une expérience qui se raconte un peu moins bien qu’elle ne se vit. Merci pour les fous rires japonais, pour la douceur polynésienne, pour la créativité cambodgienne, pour la folie moustachue toute sri-lankaise, pour l’esprit de communauté italo/afghan et pour le délire marocain à dos de bagnole…
Une pensée toute spéciale à Benoit et Émilie, avec qui j’ai eu l’honneur de partager cette Course effrénée. Benito, l’ami avec qui faire un film dansant fut un de mes plus beaux souvenirs, mais surtout, un jeune homme à l’univers éclaté avec qui faire un film demeure un work in progress fascinant ! Merci le beau Benito. Et que dire de la jeune femme fonceuse de 5 pieds 1 que j’ai eue comme partner durant la 2e partie de la Course? Quel plaisir, chère Émilie. Vraiment, ma Course n’aurait pu mieux se terminer qu’en ton agréable compagnie à se balader dans les dédales marocains à la recherche d’un sujet (que nous n’avons finalement que plus ou moins trouvé…) Merci de m’avoir fait rencontrer ces Afghans; si tu savais comment ça m’a touchée ! Et merci de m’avoir obligée à sortir de ma zone de confort, c’est vraiment quelque chose de nécessaire parfois. Émilie, belle amie, j’ai été privilégiée de vivre cette Course à tes côtés, la moustache reste d’ailleurs pour moi un moment marquant d’épopée à rebondissements multiples.
Pour le reste, comme je le mentionne précédemment, je reviens tranquillement de cette aventure intense et imparfaite, parce que comme le dirait probablement l’ami Eliot, les choses lisses et propres, c’est ennuyant comme tout et ça manque terriblement de crunch!!!
Mon coup de cœur de Course revient d’ailleurs aux neuf participants qui ont croisé ma route cette année; quelle chance j’ai eu de rencontrer des gens si différents aux univers merveilleux ayant au moins une chose en commun autre que le désir de faire des films… soit le fait d’être de si belles personnes, humbles, passionnées, honnêtes et généreuses ! Et pour ce casting, j’avoue que je suis flabbergastée (je sais, je sais, ça sonne un peu cheezy, mais c’est tellement sincère) !
De retour à la maison et en quête d’une façon funky et douce de mettre de l’ordre dans mes souvenirs de Course, je me décide finalement à faire des tableaux photographiques d’objets reliés à chaque pays… Parce que chaque pays visité se veut une belle histoire qui se raconte ici sous forme de souvenirs et de choses trouvées au hasard de la route… La Polynésie est d’ailleurs remplacée par le Portugal (quoi, bien non, j’ai pas tant aimé Tahiti, ça chiale le ventre plein que certains diront…).
Le Japon
Parce que Tokyo m’aura une fois de plus jetée par terre avec son effervescence et sa grandiloquence tout asiatique ! Quel bonheur de s’y perdre et d’y observer les rockabillys ! Strangers, c’est clairement mon film préféré!!!
Le Cambodge
Parce qu’arriver à Siem Reap les deux pieds dans l’inondation nous aura enlevé le goût de faire un film misérabiliste… et nous aura poussés à faire la charmante rencontre de Loven Ramos. Quel endroit fascinant cette galerie/hôtel/café-résidence d’artistes qu’est 1961 ! J’en suis encore fascinée !
Le Sri Lanka
Parce que notre vol Bangkok-Colombo nous aura fait découvrir comment la moustache se veut culturelle au Sri Lanka et surtout, nous aura donné l’envie folle de faire un film sur les moustaches… Soyons jeunes et folles et allons-y avec une bonne dose de légèreté !
L’Italie
Parce qu’entre l’élégance tout italienne et la générosité afghane il y a un monde, on a donc décidé de faire un film sur ces réfugiés afghans aux vies dures, mais au regard si doux. Belle leçon de vie.
Le Maroc
Parce que faire un road-movie au Maroc était une idée qui nous a permis de découvrir les splendeurs du pays, mais aussi de rire à gorge déployée ! « Chronique d’un film rempli d’espoir où rien ne se passe comme prévu »… En effet, c’est bel et bien comme ça que ça s’est déroulé et j’en pleure encore de rire!!! C’était de loin la plus belle façon qui soit de terminer l’aventure.
Le Portugal
Parce qu’au lieu d’aller passer la semaine d’éliminés dans les méandres de l’Est du Québec, nous avons préféré partir nous balader au Portugal! Éliminés Holiday que nous avons surnommé cette semaine peuplée de road-trips, de quêtes absurdes, de siestes, de cinéma, de playa… Vraiment, ce fut une semaine belle et douce à ne penser à rien… sauf peut-être un peu au retour…
Le retour
Je retourne donc à ma vie dans mon appartement aux milles couleurs, à mes amis que j’aime tant, à mes balades à vélo qui me permettent de prendre le pouls de cette ville fascinante qu’est Montréal et à ces petits moments simples et doux qui donnent tout son sens à mon quotidien.
Maintenant, je retourne à mes moutons (bien non, je ne suis pas bergère dans mes temps libres, quoique comme sideline, ça pourrait être chouette…) et surtout, je retourne à mon studio peuplé de gens stimulants avec qui créer est un véritable honneur. Inch’Allah, comme qui diraient!!!
Playoffs are over (golf time)
Écrit par : Eliot dans Eliot, La course Évasion autour du monde le Mercredi 9 novembre 2011
Ce fut très difficile de choisir ce dernier clip… Mais je crois que celui-ci fit très bien avec ce qui se passe dans ma tête… J’espère que vous apprécierez !!!
Le temps fait bien les choses…
Pour moi, c’est le genre de réplique qui me fait un peu suer…
Peut-être parce que dans le plus profond de moi-même, je sais trop bien la pertinence de cette réplique… Peut-être parce que je suis un éternel impatient qui veut que les choses avancent et qui refuse de laisser le temps faire son job.
Ça fait deux semaines que je dors mal, vraiment mal. Je rêve à des affaires tellement weird qui ont certainement un lien avec ce que j’ai vécu dans les deux derniers mois.
J’ai jamais été très spirituel… Tout ce que je sais, c’est que mon corps me parle…
Mon corps me parle… Des fois j’angoisse, des fois j’ai envie de pleurer, des fois je suis crinqué à faire des films… Le temps… je sais, je sais…
Mon corps a commencé à me parler au Cambodge quand j’ai été malade après avoir mangé de la bouffe dans un hôtel 5 étoiles dont je tairai le nom.
C’est mon dernier blogue, j’ai attendu tout ce temps-là pour essayer de vous faire le compte-rendu le plus concret et le plus dénué d’amertume possible. Je pourrais parler longtemps du trois minutes de retard, mais j’en ai franchement pas envie et je crois que tout ça s’est produit pour une raison et qui me reste juste à comprendre et assimiler tout ça.
Bon, on va prendre une petite pause pour se divertir un peu…
ENJOY !!!
Bon, bon, bon, que dire, que dire, QUE DIRE!!!!
Ça fait deux semaines que je laisse mijoter tout ça dans ma tête en étant convaincu que je vais finir par écrire un texte de trois pages qui résumera bien mes deux mois.
Grossière erreur… Naïveté quand tu me tiens…
Sérieux, je peux pas…
Des fois, on a juste trop de choses à dire pour pouvoir parler, on sait juste pas par où commencer et c’est exactement là que je me trouve… Un jour, j’écrirai tout ce que j’ai vécu et par où je suis passé, mais je crois pas que ce jour-là soit arrivé.
Si vous saviez comment j’ai aimé les trois jours où on faisait des films, ces trois jours-là où on était tout seul à écouter et à vivre un morceau de ce qu’il y a ailleurs. Vivre en petits morceaux la réalité de certaines personnes. J’aime l’être humain autant que je peux le haïr par moment, mais je tripe trop sur l’imperfection pour vouloir qu’on atteigne la perfection un jour.
La perfection est dans l’imperfection… Christ, je devrais devenir philosophe…
Deux mois à voyager, c’est tellement rien, mais c’est énorme en même temps.
À tous ceux qui nous ont rappelé à quel point on était chanceux de vivre ça, je vous dis ceci : « Vous aviez tellement raison ».
Je pense que la seule certitude que j’ai depuis mon retour est le fait que j’aime tellement faire des films. Je veux et je vais en faire toute ma vie. Je veux aussi voyager, je veux aussi me calmer, devenir zen.
Je dis souvent que c’est un privilège de monter sur une scène de théâtre et d’avoir 300 personnes, qui ont payé 30 $ chacun, devant soi. Trois cents personnes qui ont payé pour venir écouter ce qu’on a à dire. Il y a du monde qui se tire des balles dans la tête parce qu’il y a personne qui les écoute.
Ben la Course, pour moi, ç’a été ça. Découvrir une partie du monde en faisant des films pour que des gens les regardent. Tout ça est juste magnifique et vous avez pas idée à quel point je connais la chance que j’ai eue. Il va toujours y avoir des affaires qui marchent tout croche dans tout, mais c’est quand on sort de là qu’on se rend compte que la marde va dans le fond pis qu’au-dessus, il reste l’eau claire (deuxième citation à caractère philosophique… Fuck Yeah !!!)
Eille, je pourrais juste dire ceci : je suis profondément heureux d’avoir vécu tout ce que j’ai vécu, je vous remercie pour tous vos commentaires et pour votre écoute.
Tout ça fut un réel plaisir !!!
J’ai également mis un extrait d’un court-métrage sur lequel je suis en train de travailler…
En espérant que ça vous plaise…
On se prend une bonne bière un moment donné!!!!
Eliot
Du pain et une élimination
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Vendredi 4 novembre 2011
Il y a des fois où on se dit qu’au-delà de la Course, il y a des expériences humaines qui valent amplement le détour et qui confirment notre chance d’être là.
Passer la journée et la nuit dans une famille berbère habitant à flanc de montagne, dans un espace reculé, est une expérience que je n’oublierai pas de sitôt. Bizarre comme le fait de ne pas partager la même langue ait si peu d’importance, tout d’un coup.
Ces gens-là ont été extrêmement généreux envers nous. Ils nous ont invités dans leur maison. Ils ont partagé leur nourriture. Ils nous ont laissés les observer, regarder pendant des heures leurs moindres faits et gestes avec fascination (d’ailleurs, notre entêtement à filmer leurs mains qui travaillent la pâte et le couscous les ont fait bien rire).
Benoît a pris une image de moi assise sur le bord de la montagne. La grand-mère berbère était venue m’y rejoindre et s’était assise sans gêne juste à côté de moi. La petite fille aussi s’était installée près de nous. Je regarde cette image et j’ai une drôle d’impression. D’abord, le contact physique qui se crée si facilement, puis ma présence qui cloche, crée l’anachronisme, comme si j’assistais à la rencontre de deux époques, assises côte à côte, liées dans cette acceptation de l’autre.
***
Trois minutes. Ce seront trois minutes de retard qui auront joué de notre sort à Eliot et moi. Si ça n’avait pas été de ce retard, Eliot serait passé en final, moi pas. Je sais que c’est le jeu, mais, à mes yeux, ça reste complètement absurde. À trois minutes près de rester trois semaines de plus, faire trois films de plus, l’élimination me semble toujours aussi caduque et insensée. En fait, son côté aléatoire m’attriste.
Les courbes sensuelles de l’Atlas
Écrit par : Hervé dans Hervé, La course Évasion autour du monde le Mercredi 2 novembre 2011
L’Atlas, cette chaîne de montagnes qui traverse le Maroc.
Je la franchis. Je déambule dans ses lacets étroits, y dépasse des voitures sur les bouts droits.
Au milieu de la route, sur le côté, une voiture a capoté.
Les quatre pneus dans les airs.
Au moins, elle n’est pas dans le ravin.
Après sept à huit heures de route, nous arrivons à Ouarzazate.
Un petit tajine d’agneau aux abricots dans un bistro et hop, nous rencontrons déjà deux personnes qui peuvent nous aider.
James et Thierry, deux Français qui habitent Ouarzazate depuis deux ans pour l’un, six mois pour l’autre, nous font un petit résumé de ce qu’il pourrait y avoir d’intéressant pour notre film dans cette ville.
Ils nous mettent en contact avec Naceur Oujri, un figurant qui a travaillé sur de nombreux tournages. Il tient un premier rôle parlant dans Lawrence d’Arabie… Il a même été assistant de Pasolini.
C’est parti pour un autre film du bout du monde.
Dans notre chambre minuscule de l’hôtel Royal, au moins il y a un balcon. Quand la porte y est ouverte, quand l’air y entre, mêlé au son cacophonique de la ville, je sais pas pourquoi, je me sens comme dans l’appartement de Meursault, ce personnage du roman L’étranger, de Camus.
La maghrébitude m’emporte; j’y comprends au fond toutes ces différences. Et j’aime ça.
Pendant que Ninon entame le montage du film, je vais tourner avec Hakim et Guillaume dans la forteresse de Jérusalem en périphérie de la ville, à une demi-heure de route.
Cet endroit est grandiose. Perdue dans un début de désert quelconque, cette forteresse recrée à merveille les bâtiments qu’on aurait pu s’imaginer à cette époque.
D’être là dans cet endroit sans touriste, car le touriste ne voit pas ce Jérusalem, c’est merveilleux. Nous y sommes grâce à Hakim, qui est ami avec le gardien de sécurité.
Je me sens privilégié. En plus, on enregistre de la très belle musique.
On s’est fait plusieurs bons amis au final. Une chance que James était là. Bon dieu, inch allah, les copains du bout du monde.
Et le Maroc, c’est déjà fini. Et cette élimination imminente qui nous guette. Et quatre de nos frères et soeurs qui nous quittent. Puis, cinq au final. Je reste, nous gagnons la première place. Ninon et moi, nous sommes contents.
Même si les nuits sont sombres, même si l’isolement est bien présent, je ne suis pas seul.
Car Knowles est là, Knowles est là. Ne t’en fais pas.
Le silence
Écrit par : Benoît dans Benoît, La course Évasion autour du monde le Mardi 1 novembre 2011
Un corbeau m’a apostrophé, une rencontre fatidique où on m’a reproché l’entretien de mon blogue depuis le Japon. Je me plaisais à penser qu’il lui fallait être totalement libre, ce blogue, pour me ressembler un peu. Et que si je n’avais rien à dire pour élever les esprits, qu’il valait mieux que je me la ferme.
Un corbeau m’a apostrophé, mais je ne rabâcherai pas davantage des faits et des distorsions. Je sors donc de ma torpeur le temps d’écrire ceci : les gens du Cambodge étaient très accueillants, ceux du Sri Lanka aussi. J’ai mangé à ma faim en Italie et le jus d’orange du Maroc m’a permis d’apprécier des jours comptés.
J’aime le silence, il ne râpe jamais les tympans.
Le match s’est joué serré
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Dimanche 30 octobre 2011
Je l’avais pressenti, le jury allait adorer le film de Ninon et Hervé. Ce fut le cas. Un score record depuis le début de cette course. Si Hervé semblait relax, pour Ninon, il a fallu attendre le dévoilement du pointage final pour la voir respirer de nouveau.
Mais le match s’est joué ailleurs. Entre deux ex-partenaires durant la première phase de la Course.
Eliot et Geneviève ont fini par développer une relation fraternelle. Même après qu’on eut défait leur duo, ils ont continué à se parler régulièrement. Et aujourd’hui, un demi-point les sépare. C’est Geneviève qui occupera la quatrième et dernière place qualificative et Eliot pourra toujours se dire que son retard la veille dans la remise de son film lui a valu une sanction d’un point. Le point qui lui aurait suffi pour se qualifier.
Consulter la page de la Course
En Italie, un choix s’imposera…
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Dimanche 16 octobre 2011
Quelle soirée! Le jury à Montréal semble moins cassant qu’on ne l’aurait pensé. Ce qui ne passe pas chez les participants, ce sont les 3 points retranchés à une équipe qui a livré son film avec une heure et demie de retard. Les mines sont basses, les têtes sont tristes. Pourtant, les règles de la Course étaient claires pour tous. Le Sri Lanka, une transition se joue ici. La semaine prochaine en Italie, les participants devront choisir entre leur envie de rester dans la Course et celle de se rapprocher de la porte de sortie…
La Course, pour moi, c’est…
Écrit par : Arianne dans Arianne, La course Évasion autour du monde le Jeudi 13 octobre 2011
« La Course, pour moi, c’est : une émission de télé… La Course, pour moi, c’est : une marche… La Course, pour moi, c’est : de la sauce à spaghAt. »
– Un grand sage muselé
L’heure est vraisemblablement au bilan… L’on a reproché avec raison à ma production coursienne d’être décousue et de s’en aller dans tous les sens. Mea culpa par avance, le dernier texte de mon blog risque d’être dans le même esprit. La digestion prend un temps que la Course n’a pas le temps d’attendre…
L’émission de télé
Les créations de Marvel ne sont pas exactement reconnues pour leur profondeur ou la pertinence de leur analyse de l’esprit humain. Malgré cela, je me plais, de temps en temps, à faire référence au « complexe de Spiderman ». Ça n’a rien de bien crédible comme appellation, mais ça illustre passablement bien mon malaise.
Le complexe de Spiderman : à grand pouvoir correspond grande responsabilité.
Ne charrions pas ici sur la portée du pouvoir médiatique attribué à un participant de la Course… Quoi qu’il en soit, j’ai 24 ans. Je ne sais pas grand-chose. Je n’ai pas fini mon BAC. Je n’ai pas accompli grand-chose mais depuis quelque temps, j’ai une tribune… Ça a quelque chose de pas très naturel. Qui plus est et quelles qu’en soient les raisons, à mon grand regret, je n’ai pas su être à la hauteur de cette tribune-là. Bah, un trois minutes et demie de mauvaise télé (10 min 30 au total), ça n’empêchera personne de dormir… Sauf moi. Si j’ai eu le temps d’apercevoir quelque chose dans le décor qui défilait à toute vitesse durant ma course, c’est qu’il y a franchement plus triste. Ne versons pas inutilement de larmes sur le sort des exclus de l’aventure.
Il n’y aura pas ici de pointe cinglante, de montée de lait ou de règlement de comptes. Spiderman n’approuverait pas pareille démarche. Je crois que ce n’est plus un secret; Axel et moi n’avons pas réussi à trouver un filon créatif qui nous unisse. Nous ne sommes pas parvenus à créer quelque chose qui nous aurait rendu fiers tous les deux, qui nous aurait ressemblé. Est-ce que j’aurais fait mieux dans une autre équipe? je l’espère, mais on ne le saura jamais. La Course est dans l’air du temps, elle passe au suivant, évince sans quartier ceux qui trainent de la patte… La Course, je m’y suis sentie mise en boîte, d’autres auraient jubilé devant pareille tribune et pareille liberté. C’est peut-être la formule, c’est peut-être juste moi qui n’étais pas bien castée pour la formule. My bad, je ne suis pas un bon candidat, pas un bon personnage de téléréalité. Quoi qu’il en soit, la Course, pour moi, c’est ça et ça ne sera pas autre chose parce que la Course s’est terminée là.
La marche
Je ne sais pas pourquoi cette envie, ce besoin de création. J’ai 24 ans. Je ne sais pas grand-chose. Je n’ai pas fini mon BAC. Je n’ai pas accompli grand-chose… Mais des fois, je me sens portée par un besoin de dire. Un besoin de raconter. Je ne veux pas être un contenant! La Course aux histoires, je ne la ferai plus. Vouloir presser la production d’un message sans avoir encore ressenti l’urgence de dire quelque chose, c’est pour moi (n.b. j’ai dit pour moi) une erreur que je tenterai de ne plus commettre. C’est en marchant que je veux parcourir le monde, que je veux le raconter.
J’ai 24 ans blablabla… j’aurai besoin de manger, de gagner ma vie. La Course, je la referai peut-être… Mais l’intention est belle et sincère. Si l’enfer est pavé de ces intentions-là, faites qu’elles pèsent un peu dans la balance au purgatoire.
Le spaghAt
Cette histoire ne m’appartient pas. Racontons-la à mi-mot… La légende veut qu’au tournage d’une promotion de la Course, on ait demandé aux concurrents de compléter l’affirmation suivante : « La Course, pour moi, c’est… ». On raconte que quelqu’un à qui la formule ne disait rien aurait répondu coup sur coup : « La Course, pour moi, c’est : une émission de télé… La Course, pour moi, c’est : une marche… La Course, pour moi, c’est : de la sauce à spaghAt. »* Ne trouvant pas que ces affirmations, une fois mises en ondes, auraient servi ni les intérêts des participants, ni ceux de la Course elle-même, on aurait alors encouragé le dit participant à trouver autre chose.
L’absurde et l’autodérision des formules initiales m’ont toujours plu. Et la Course, pour moi, c’est ça! Ce sont des gens qui sortent de la forme prescrite, des créatifs irrévérencieux, des talents qui ne se prennent encore pas trop au sérieux. La Course, ce sont des gens qui sont plus que des candidats. C’est un fou rire entre les prises, une attitude douteuse dans l’avion, un pari pris sur des mots à glisser en ondes, un délire international. La Course, ce sont des gens que j’apprenais (et que j’apprendrai, il n’y a personne de mort quand même) à connaître et à apprécier. Je suis un être un peu sauvage. J’ai de la difficulté avec les déclarations mais je me dois ici de sortir le grand A. La Course, ce sont des gens que j’aime. Et que j’ai très égoïstement hâte de voir revenir (j’ai jamais dit que j’étais une bonne personne).
Le mot de la fin, le retour (il est grand temps)
À ceux qui me diront que j’ai quand même eu de la chance de vivre cette belle expérience :
Je vous sévirai peut-être un poli c’est vrai. J’apprendrai peut-être à voir que vous avez raison. Mais ne m’en veuillez pas de cet air peu convaincu que j’aurai. Ne sortons pas les violons, mais la Course m’a fait mal. Il n’est pas clair que dans mon cas, la Course ait été « une belle expérience ». Je ne veux pas être une sale ingrate, mais à priori, elle ne l’a pas été. Rangeons les violons je dis, mais laissez-moi panser mes plaies avant de chanter la gloire de cette sacro-sainte chance que j’ai eue.
Parce qu’on ne passera pas sous silence la dynamique avec Axel et qu’il y a autre chose que la mésentente :
« Si Axel et moi, on reste dans la Course, on refuse de changer d’équipe, on veut rester ensemble! » Regard hébété de la production à qui je venais de servir cette déclaration en remettant notre dernier film… un silence d’incompréhension brisé par Axel et moi qui éclatons de rire… puis, éclat de rire généralisé.
Je crois que dans ce cas, on peut dire jamais; Axel et moi, on ne retravaillera plus jamais ensemble. Ce serait probablement un euphémisme de dire qu’on est dû pour des vacances loin l’un de l’autre. Mais je voudrais juste finir en disant que je ne déteste pas Axel. Et que si je suis passablement affectée du fait que cette expérience de « travail d’équipe » n’ait pas été très positive, je trouve déplorable autant pour lui que pour moi qu’ensemble, on n’ait pas réussi à faire quelque chose qui ait été un peu à notre image. Axel aurait mérité de faire un film qui lui plaise et qui lui ressemble. Ni lui ni moi sommes parvenus à transmettre notre vision. C’est notre défaite à tous les deux… Notre Course, c’est ça et ça ne sera pas autre chose parce que la Course s’est arrêtée là. De nos lourdes épopées, essayons de privilégier les souvenirs d’esprit de famille polynésiens, de paradis perdu parcouru à dos de scooter, de délires de sakés et de rencontres japonaises fortuites, de réparation héroïque de touk-touk et de stratagèmes-peu-esthétiques-de-défense-contre-les-eaux-cambodgiennes. Laissons le temps à la poussière de retomber.
Et au plaisir de prendre une bière avec le Peter-Pan/Aventurier-homme-des-bois/beat-box-humain/magicien-des-rencontres-et-des-amitiés-instantanées. Peace man.
*n.b. dans l’histoire originale, je crois que le participant aurait dit : « « La Course, pour moi, c’est une course… La Course, pour moi, c’est : une marche… La Course, pour moi, c’est : une émission de télé… La Course, pour moi, c’est : de la sauce à spaghAt. » (dans l’ordre ou dans le désordre). Ma mémoire étant une faculté qui oubli et qui n’est plus certaine de la déclaration originale et question de ne pas alourdir un texte déjà trop lourd, j’ai fait fi de ce détail. S’il y avait eu une section « La course » dans mon texte, les réflexions qui y aurait été associées auraient été du même ordre que celles exprimées dans mon texte sur le Japon. Le participant un peu mal cité saura, j’en suis certaine, me pardonner mon manque de rigueur ou de mémoire.
L’éléphant
Écrit par : Geneviève dans Geneviève, La course Évasion autour du monde le Mercredi 12 octobre 2011
Jour de l’élimination. Le motton dans gorge et un léger sentiment d’injustice. C’est le matin au Cambodge. Installés devant un temple millénaire, le couperet est tombé; Arianne et Axel partent.
Personne ne meurt, mais le moment est pénible, très pénible.
À un moment donné, quelqu’un -je ne sais plus qui- s’exclame : regardez là-bas, un éléphant. Deux automobiles empilées l’une sur l’autre avec de grandes oreilles et des yeux qui vous regardent au milieu d’un tapis de peau rugueuse. Étonnant comment une masse aussi grosse puisse se mouvoir en faisant si peu de bruit. L’éléphant avance en silence, avec grâce et lenteur. Une marche immuable aux petits drames qui nous déchirent.
L’humanité à travers l’élimination
Écrit par : Francois Bugingo dans François Bugingo, La course Évasion autour du monde le Lundi 10 octobre 2011
L’élimination prend tout son sens à l’aéroport de Siem Reap où nous ont accompagnés Axel et Arianne.
Cette fois-ci, ils ne franchiront pas les douanes avec nous.
La sensation est bizarre.
Les huit restants me paraissent écrasés. La fatigue, sans doute, mais la pensée aussi…
Dans trois semaines, il faudra dire au revoir à quatre autres.
La Course nous apprend aussi notre humanité.
Et c’est bien ainsi
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